États-Unis : 125 cas de violences policières contre Black Lives Matter (et autres) en 2 mois (VIDÉO)

Le 5 août dernier, Amnesty International a communiqué sur son site internet un chiffre interpellant : 125 cas de violences policières. L’ONG tire d’ailleurs la sonnette d’alarme et appellent au respect des droits humains aux USA. Cette répression commise par les forces de police américaines est en augmentation constante depuis plus de deux mois, d’après Amnesty et le recensement qu’elle a fait. Les victimes sont souvent des manifestants (notamment du mouvement Black Lives Matter, qui a été très actif depuis le décès de George Floyd, tué par des policiers à Minneapolis en mai dernier). D’autres aussi sont touchés, comme des soignants, des journalistes ou des simples observateurs dans la rue.

C’est un fait, déclare Amnesty International : “Les violences policières contre les manifestants de Black Lives Matter s’intensifient“. L’ONG parle bien sûr de ce qui se commet aux Etats-Unis.

En effet, nous apprend l’ONG, en seulement deux mois, ont été recensés non moins de 125 cas de violences policières perpétrées et ce, tant contre des manifestants, que des soignants, ou encore des journalistes et des observatrices. Ces violences policières ont été perpétrées dans 40 États et également dans le district de Columbia (Washington DC). ODP news avait couvert nombre de ces événements.

Après la mort de George Floyd (dont nous avons des nouvelles images), Amnesty a mené une enquête pour savoir ce qu’il en était des violences policières dans ce pays. Le constat est sans appel : il y a augmentation. Amnesty déclare : “Nous constatons la généralisation de ces violences qui constituent de graves violations des droits humains. Les militants pacifiques du mouvement Black Lives Matter en ont fait les frais. Ils ont été victimes de violence pour avoir dénoncé les homicides illégaux de personnes noires par la police et pour réclamer une réforme structurelle. Manifestants, soignants, journalistes ou observateurs, ils voulaient simplement plus de justice“.

Des violences teintées de racisme pour nombre de cas

Derrière l’usage injustifié et excessif de la force de certains policiers contre des manifestants se cache un problème plus global : le racisme (preuve à l’appui avec des propos recueillis dans une voiture de police). Et sans parler de l’impunité structurelle dont bénéficient les policiers dans la pratique.

“Cette impunité, c’est justement ce que ces manifestants dénonçaient”, ajoute Amnesty. “Nos recherches montrent que des personnes qui ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester pacifiquement ont été réprimées avec une telle violence qu’elles ont parfois perdu la vue, été violemment frappées, prises de convulsions ou gravement blessées“.

Amnesty cite un exemple emblématique qui a été assez loin : “Aubreanna m’a dit avoir l’impression de mourir. Son pouls a disparu à trois ou quatre reprises après que mes collègues et moi-même l’avons prise en charge, et nous l’avons réanimée à chaque fois.” C’est ce que déclare Danielle Meehan, infirmière en soins intensifs, ’est occupée d’une étudiante de 26 ans, Aubreanna Inda, touchée à la poitrine par une grenade assourdissante à Seattle.

Durcissement des interventions avec Trump… parfois avec l’armée déployée

Le gouvernement de Donald Trump renforce désormais les interventions de type militaire à l’encontre des manifestants, en défendant le recours à l’armée fédérale à Portland et menaçant de déployer d’autres agents dans d’autres villes. Les actions du Président Trump représentent une dérive dangereuse vers l’autoritarisme, et doivent cesser immédiatement. En plus d’alimenter les tensions entre les manifestants et les forces de l’ordre, ce recours à la force pourrait avoir un effet dissuasif et empêcher les manifestants d’exercer leur droit de manifester librement. Il faut que le pays adopte une approche complètement différente du maintien de l’ordre pendant les manifestations à l’échelon local, des États et fédéral.

Des gaz lacrymo en pleine crise du covid : un risque sanitaire

Exemples. “Alors que des personnes étaient descendues dans la rue pour manifester, en portant un masque et en tentant de respecter les mesures de distanciation sociale, des policiers ont tiré du gaz lacrymogène et du gaz poivre, multipliant les risques de complications respiratoires et de libération de particules susceptibles de propager le virus. Loin de répondre à des menaces ou violences réelles, cet usage excessif de la force a été déployé contre des manifestants totalement pacifiques“.

Un oeil crevé

Et Amnesty raconte aussi : “le 30 mai, à Fort Wayne, Indiana, une étudiante et journaliste locale, a perdu un œil après avoir reçu un tir de grenade lacrymogène sur le visage. D’autres violations des droits ont également eu lieu lors de l’arrestation et du placement en détention de personnes”.

Ils ont pris le temps de secouer leurs bombes de gaz poivre et de le pulvériser alors que nous ne cessions de crier : “Presse, presse !” 

Du 26 mai et le 5 juin 2020, du gaz lacrymogène et du gaz poivre ont été pulvérisés de façon injustifiée et en premier recours pour disperser des groupes de manifestants pacifiques.

“Nous avons recensé 89 cas d’utilisation de gaz lacrymogène dans 34 États, et 21 cas d’utilisation illégale de gaz poivre dans 15 États et dans le district de Columbia. Nous avons également recueilli des informations sur au moins six cas d’utilisation de matraques par des policiers et 13 cas de tir de projectiles à impact cinétique (balles en éponge et en caoutchouc) dans 13 villes américaines”, ajoute finalement Amnesty International.

Il s’agit manifestement d’un problème de fond, d’une question structurelle, du rapport entre la population et l’Etat, et en particulier des minorités afro-américaines et hispaniques, personnes les plus ciblées par la répression de la police.