Airbnb : un propriétaire accusé de racisme dépose plainte (VIDÉO)

Ce 5 août, des clients d’un Airbnb se sont indignés du comportement du propriétaire du logement où ils devaient passer des vacances à Paris. En effet, ce dernier leur auraient demandé des documents, notamment leurs cartes d’identité. Le site Airbnb mentionne effectivement qu’il peut arriver que des propriétaires puissent être amenés à demander la carte d’identité des clients pour vérifier s’il s’agit bien de ceux qui ont réservés. Toutefois, pour ces clients, l’homme a été trop loin et a commis une discrimination en voulant les prendre en photo. Pour le propriétaire, c’est une toute autre histoire.

Dans la vidéo, qui a été relayée par le collectif militant Brigade anti-négrophobie, “ce qui s’est déroulé là n’est autre chose que du racisme, de la discrimination en raison de la couleur de peau des clients”. Sur les images, on peut voir une jeune fille raconter une situation qui selon elle relève du racisme. En direct, elle déclare : “Je suis choquée par le racisme (…) il [le gardien à l’accueil – ndlr] nous a demandé nos pièces d’identité, pas de souci, nous les avons données.” Il est en effet précisé sur le site Airbnb que des propriétaires ou gérants de logement puissent être amenés à demander des pièces d’identité, surtout dans des hôtels ou immeubles à logements, pour vérifier qu’il n’y a pas d’usurpation d’identité. “Mais il a voulu prendre notre pièce d’identité en photo !” Là, les clients auraient refusé.

#Negrophobie à l'intérieur de la mécanique mal huilee de #Airbnb ? selon toute vraisemblance Airbnb ne serait pas directement en cause, cependant ce n'est pas la première fois que nous entendons parler de racisme d'une manière générale et de negrophobie en particulier s'agissant du fonctionnement (possiblement) discriminatoire de cette plate-forme.Dans la vidéo qui va suivre tout laisse croire que le propriétaire d'un appartement Airbnb a donné l'ordre à son gardien de ne pas permettre l'accès à des clients une fois qu'il a su que ces derniers avaient la couleur de peau "noire" ?On ne sait d'ailleurs pourquoi ce monsieur, à un moment de la discussion téléphonique qui l'oppose à sa cliente discriminée, paraît évoquer le fait que son peuple aurait plus souffert que le peuple noir ? Comme si cela avait quoi que ce soit à voir avec l'affaire de discrimination en question, et comme si surtout cette sacro-sainte excuse pouvait justifier une quelconque discrimination "raciale".Quoi qu'il en soit nous ne pouvons laisser passer une telle affaire au fort relent de négrophobie. Pour cela nous nous montrons fermement solidaires avec ce groupe de Airbnbistes ciblés par la negrophobie d'un propriétaire qui, apparemment, loue son appartement à la tête du client qui, selon toute vraisemblance, ne doit surtout pas être noir à suivre de très près !***La #Négrophobie est une arme (neuro)coloniale d'aliénation et de destruction massive qui n'avoue pas son nom…… armons-nous jusqu'aux dents pour la combattre !#BrigadeAntiNégrophobie

Publiée par Brigade Anti Négrophobie sur Mercredi 5 août 2020

Suite à cela, le gardien de l’accueil a appelé le propriétaire. Il a ensuite été question d’une caution. “Cela n’avait été spécifié dans l’annonce“, déclare la jeune fille dans la vidéo.

“Une famille blanche a pu entrer sans payer de caution de 500 euros”

Alors qu’ils étaient bloqués à l’entrée, en essayant de comprendre pourquoi, disent-ils, il fallait payer une caution, une famille blanche est arrivée. “En deux minutes à peine leur check-in était fait. Nous leur avons demandés s’ils avaient dû payer une caution. Ils nous ont dit : non“. Et elle ajoute : “Alors pourquoi nous ?

Un peu plus loin dans la vidéo, on voit une autre jeune fille du groupe, être au téléphone et demander des explications sur cette caution de 500 euros à payer. “J’ai fait des print-screen de toute votre annonce, ce n’est mentionné nulle part”. Puis elle poursuit : “Aucun autre client n’a du payer de caution (…) Si je ne suis pas traitée comme les autres clients, c’est qu’il y a discrimination. Et en plus vous nous demandez dégager de l’immeuble sinon vous appelez la police… alors que vous n’avez toujours pas annulé notre réservation et que vous bloquez notre argent”.

Le groupe a dû chercher in extremis un autre logement, mais ils n’auraient toujours pas récupéré l’argent de la réservation, au moment où la vidéo a été postée sur les réseaux sociaux. Ce qui les a mis dans l’embarras, ont-ils écrits en texte dans la vidéo.

Pour la Brigade anti-négrophobie, c’est une histoire “à suivre de prêt”.

Le propriétaire présente les choses autrement et a déposé plainte

L’Airbnb se trouve au 108, boulevard de Sebastopol à Paris. C’est le Blue Nights. Le propriétaire, contacté par ODP news, a déclaré : “Comment peut-on déclarer que je suis raciste, alors qu’on demande un justificatif d’identité simplement pour voir si c’est bien vous qui avez fait la réservation et, aussi, pour voir si vous avez bien la majorité (…) La loi nous y oblige“.

Suite à cela, dit le propriétaire : “Ils sont restés dans le couloir et ils ont crié. Nous leur avons demandé de sortir car ils faisaient du bruit et cela dérangeait les voisins. (…) sinon nous serons contraints d’appeler la police“. Les clients ont répondu qu’il s’agissait encore de racisme.

Un dépôt de plainte a été fait pour diffamation à l’encontre de ses clients. “Nous n’avons pas vu la vidéo de la cliente mais nous avons été harcelé au téléphone, plus de 200 fois pour nous traiter de raciste et nous injurier“, dit le propriétaire, “la personne a fait une fixation que notre comportement était raciste“.

S’ils avaient présenté leur carte d’identité [le propriétaire ne parle pas d’avoir demandé à la prendre en photo car, il n’en a pas besoin dit-il, ni même de carte de crédit], il n’y aurait eu aucun souci, et cette histoire n’existerait pas“.

Contacté par ODP news, le propriétaire donne sa version des faits.

“Aucune caution demandée“, dit le propriétaire

La cliente déclare qu’il a fallu qu’ils donnent une caution. Cela n’existe pas, nous n’avons pas besoin de ça. Nous sommes assurés et Airbnb nous dédommage pour les éventuels dégâts des clients, quand il y en a“, déclare le propriétaire, qui ne voyait pas de quoi les clients parlaient dans la vidéo et au téléphone sur place. “Je n’arrive pas à comprendre cette mentalité“, dit-il, “En plus avec le covid, nous sommes obligés de garder une traçabilité des passages de clients“. Il ajoute que la cliente en question a montré ce qu’elle a voulu montrer.

Le propriétaire a déclaré que leur avocat se charge de ce dossier, suite au dépôt de plainte pour diffamation.