Il y a tout juste un an : un motard Youtubeur frappé par la police à cause de sa go-pro

Tounsi Biker n’est au départ qu’un “rider”, un motard qui filme ce qui lui arrive durant ses trips sur la route, à Paris, notamment. Il était donc un soir d’été en train de faire un tour, accompagné d’un de ses amis comme passager, juste derrière lui. C’était le 9 juillet 2019, le soir d’un match de football de la C.A.N. (Coupe d’Afrique des Nations). La Tunisie avait joué ce soir-là. Il y a un an jour pour jour.

Ils sont par hasard tombé sur une intervention de la BAC (Brigade anti-criminalité). Il n’a fallu que quelques secondes, après qu’ils s’arrêtent et observent, surpris, une violence policière en cours, pour qu’un policier cagoulé dans une voiture de fonction, regarde le conducteur, Tounsi Biker, et lui intime l’ordre dégager : «Casse-toi avec ta moto, dégage !».

Les policiers ont coupé son moteur et ont brisé sa caméra, le tout en le frappant

Tounsi Biker a obtempèré pour ne pas avoir d’ennui, puis, comme un feu était rouge quelques mètres plus loin, il s’est arrêté. C’est là que la violence a commencé. Plusieurs policiers cagoulés se sont approchés de lui, et lui ont ordonné de couper le contact de sa moto et d’en descendre. Ils ont pris la liberté de leur faire eux-mêmes. Et Tounsi Biker leur demandait de se calmer, voyant qu’ils commençaient à s’énerver et à devenir violents. Cela n’a pas empêché un policier donne plusieurs coups en direction de la caméra accrochée à son casque.

Les policiers le pressent alors de garer la moto, puis une fois à l’arrêt, essayent à nouveau d’atteindre sa caméra. Dans la bousculade, la moto, jusqu’alors sur la béquille, se retrouve par terre. Tounsi Biker leur dit : “Vous n’avez pas de matricule, ce n’est pas normal”.

Et à la fin de la scène, un policier cagoulé a tenté de casser la caméra en frappant alors qu’elle était au sol. Les images ont pu être conservées, néanmoins. “Il n’aurait eu qu’à retirer la carte mémoire si vraiment il voulait que les images disparaissent”, dit-il dans la même vidéo mais bien plus tard. Il semble en effet que ce policier, en plus d’avoir commis plusieurs actions illégales (violenter quelqu’un de non-violent, tenter de détruire une preuve, atteindre à la liberté de filmer, et ne pas porter de numéro de matricule pour être identifiable), n’ait pas fait usage de sa réflexion suffisamment, et ai privilégié l’emportement et la violence.

Sous le choc, il a publié la vidéo presque 6 mois plus tard

Pourquoi la vidéo, tournée en juillet 2019, a été publiée le 1er janvier 2020 ? Le vidéaste motard l’a expliqué au journal français Libération qui l’avait interviewé le 2 janvier, soit le lendemain. Il a dit : «Etant sous le choc de la scène, j’ai pris du temps à publier et enfin me décider à porter plainte. Pour ce qui est de l’affaire, [le dossier] a été déposé à l’IGPN le 14 décembre 2019 sur le conseil d’une connaissance qui est avocate. Dans la plainte figure la vidéo [sur] une clé USB ainsi que les photos des dégâts. Pour le moment, [je n’ai eu] aucune nouvelle.»

En juillet 2019, la police française était déjà sous le feu des critiques, et ce, depuis le mouvement des Gilets Jaunes qui est né à la fin de l’année 2018. Cette violence policière était passée relativement inaperçue ou en tous les cas n’avait eu “droit” qu’à des articles de presse, sans créer de débat politique.