Prisons belges : des associations ouvrent une ligne téléphonique pour surveiller la détresse des détenus

C’est une initiative de l’Observatoire international des prisons (OIP), de la Ligue des droits humains (LDH), de Genepi Belgique et du Collectif de Luttes anti-carcérales (CLAC). Ils ont en effet mis sur pied une nouvelle ligne téléphonique qu’ils ont nommé “Info’Prison”. Le but de cette ligne est de récolter des informations de la part de personnes côtoyant le milieu carcéral (détenus, visiteurs, etc.). C’est ce qu’a annoncé ce mercredi 8 juillet, la LDH dans un communiqué à ce sujet.

Le but de ces associations est d’informer le public de la réalité carcérale. Il est aussi de mener une lutte politique auprès des responsables au sujet des “réalités inacceptables de l’incarcération”, pour reprendre leurs mots. Ces organisations soulignent qu’il est urgent de s’allier face à la détresse actuelle des détenus et de leurs proches et qu’il y a un manque de transparence politique en la matière. Elles ont décidé d’agir, par ce projet qui voit le jour, pour mettre cela en lumière.

Aucune réponse politique sur la situation des détenus pendant le confinement

Les associations constatent la détérioration des conditions de détention depuis le confinement. Elles disent : “Tout au long de cette période, de nombreuses lettres ont été adressées aux autorités qui n’y ont souvent pas répondu. Pourtant, le ministère de la Justice a un devoir d’information envers les détenus et leurs proches. Ce droit à l’information pour les personnes incarcérées et leurs proches ne peut être un privilège ou un cadeau. Ce droit est encore plus essentiel dans une période anxiogène comme celle de la crise sanitaire“.

Visites des enfants toujours pas autorisées… et les masques parfois aussi !

Les visites des enfants sont encore interdites à ce jour, disent les organisations. Des colis contenant des masques envoyés par les familles auraient été refusés sans offrir d’alternative, soulignent-elles. Des plans en termes de visites proposés par les familles seraient restés sans réponse aussi.

Cette situation montre que les autorités manquent de bienveillance et de transparence envers le public dont elles doivent assurer le bien-être“, disent les créateurs de la ligne téléphonique, avant d’ajouter : “Elle met en lumière l’impératif de s’organiser à ce sujet. C’est dans ce sens que s’inscrit la création de cette ligne téléphonique, et qu’ici a lieu, à nouveau, la demande de procéder impérativement à des changements concernant les conditions de visites et de communication envers les personnes enfermées et leurs proches“.

Les associations lancent aussi un appel à témoigner : “les personnes désireuses de témoigner peuvent contacter le 0498/51.51.91 tous les mercredis et samedis ou envoyer un courriel à ligneinfoprison@bawet.org”. Tout cela anonymement, évidemment.