Hijab Fight Back : aucun juge de la Cour constitutionnelle n’est racisé (VIDÉO)

La Cour constitutionnelle avait déclaré récemment que le port du voile pouvait être interdit dans les écoles supérieures et hautes écoles de Belgique. Cela a immédiatement suscité un sentiment d’injustice de nombre de gens qui se sont se réunies au Mont des Arts, à Bruxelles, au rassemblement du 5 juillet, Hijab Fight Back. Pour ces femmes, il s’agit d’un droit fondamental et d’une atteinte à leur liberté. Il est donc question de racisme et de sexisme, en même temps.

La Cour constitutionnelle est composée de personnes qui ne subissent pas le racisme

Pour comprendre comment une telle décision ait pu être envisagée, il faut revenir sur la sociologie de la Cour constitutionnelle et de ses membres, tant les juges que les référéndaires. Le constat est simple : il n’y a pas une personne dans ses rangs qui subit des discriminations de ce type. En effet, la Cour constitutionnelle n’est composée que de “blancs”, au sens sociologique du terme, c’est-à-dire de personnes qui ne subissent pas de racisme de la part des institutions du pays. De plus, la majorité des juges de la Cour constitutionnelle sont des hommes. Du côté francophone, il n’y a actuellement pas de femme parmi les juges. Du côté néerlandophone, il n’y en a qu’une seule.

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Composition de la Cour constitutionnelle en date du 6 juillet 2020 – Capture d’écran du site officielle de la CC

En outre, les deux présidents sont des hommes blancs plutôt âgés : le baron André Alen (pour le côté néerlandophone) et François Daoût (pour le côté francophone). Le prototype même de ce qu’ont dénoncé les manifestantes et manifestants qui se sont réunis au Mont des Arts ce 5 juillet, au rassemblement Hijab Fight Back.

Il faut rappeller que Zakia Khattabi (ECOLO) s’était portée candidate à la Cour constitutionnelle et avait été recalée, en janvier 2020, par l’extrême-droite flamande (Vlaams Belang), par la NV-A et ce, sans que le MR ne s’en indigne outre mesure. Car la question du racisme pouvait être posée, là aussi.

La Ville de Bruxelles avait interdit le voile en sortie scolaire : une position identique au RN en France

Faouzia hariche (échevine de l’enseignement PS à la Ville de Bruxelles) avait déclaré, en 2016, qu’interdire le port du voile aux femmes lors des sorties scolaires, était une bonne chose. Quand il s’agit d’activités auxquelles les parents sont conviés, ils sont là en tant que parents et ne sont évidemment pas tenus au respect de la neutralité. Par contre, quand des bénévoles interviennent dans nos établissements – et sont donc considérés comme encadrants – ils sont soumis aux mêmes règles que le personnel de la Ville, avec l’obligation d’être neutre“, avait déclaré l’échevine. Pour cette dernière, cette neutralité est garante d’ouverture à tous, comme l’avait mentionné la RTBF dans un article.

Problème : l’extrême-droite en France, pour une autre affaire, avait tenu une position identique. Julien Odoul, un élu du Rassemblement National, présidé par Marine Le Pen, s’était montré scandalisé par le fait qu’une femme voilée puisse accompagner une sortie scolaire. Il l’avait fait savoir publiquement, lors d’un conseil régional de Bourgogne en octobre 2019, en montrant la femme en question du doigt.

Revoir le live du rassemblement Hijab Fight Back

Il est possible de revoir le live d’ODP News de l’événement Hijab Fight Back, qui était présent et qui a donné la parole aux manifestant-e-s présent-e-s.