« Pute à nègre », « arabo-négroïde », « bougnoule » : des policiers français pourraient être révoqués

Trois gardiens de la paix de la ville de Rouen (Normandie, France), qui avaient tenu des propos racistes et haineux dans un groupe WhatsApp, sont passés mardi 30 juin en conseil de discipline à Rennes. Leur révocation a été demandée, le ministre de l’Intérieur doit trancher. Ils tenaient des propos tels que « Pute à nègre », « arabo-négroïde », « bougnoule », notamment.

Il a été déclaré : «Dans ces conversations WhatsApp, on retrouve toute une litanie de propos qui donnent la nausée tellement c’est répugnant. Il y en a des pages et des pages, précisait encore la même source. C’est du type “arabo-négroïde”, une blanche qui fréquente un noir se voit qualifiée de “pute à nègre”– une insulte acronymisée en “PAN”, “un noir ne fera jamais du aussi bon boulot qu’un blanc”, “pute à bougnoule”…»

Le procureur de la République de Rouen avait saisi l’IPGN (Inspection générale de la police nationale) suite à la plainte déposée à la fin du mois de décembre 2019 par un policier rouennais contre ses collègues de l’Unité d’assistance administrative et judiciaire (UAAJ). La plainte avait été déposée pour « injures à caractère racial », « incitation à la haine » et « diffamation ».

Un conseil de discipline demande trois révocations

Mediapart et Arte Radio avaient révélé, le 17 juin dernier ces propos. Depuis, il y a eu du chemin dans cette affaire : le conseil de discipline s’est réuni et a convoqué les policiers en question

Lors d’un conseil de discipline, mardi 30 juin, trois des policiers de Rouen ayant tenu des propos racistes, antisémites ou sexistes récemment dévoilés par Mediapart et Arte Radio, ont vu leur révocation demandée à l’unanimité.

Castaner a réagi

«Quand j’ai lu le rapport sur Rouen, j’étais profondément choqué, j’ai demandé la procédure administrative et je regrette de ne pas avoir expressément demandé la suspension immédiate», a commenté début juin le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Il avait annoncé ce lundi 8 juin 2020 des mesures pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre : « Aucun raciste ne peut porter dignement l’uniforme de policier ou de gendarme (…), a-t-il indiqué. Aussi, j’ai demandé à ce qu’une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes ».

Pour les policiers de Rouen, il doit encore rendre sa décision sur leur révocation demandée par le conseil de discipline.

*La photo de couverture n’est pas liée à l’affaire dont traite l’article et sert uniquement d’illustration