USA : les lynchages racistes par pendaison existent-ils toujours ?

Depuis deux semaines, trois hommes noirs ont été retrouvés morts pendus dans des parcs, deux en Californie et un à New-York. Chaque fois la police a conclu dans un premier temps à des suicides mais s’est vue obligée de rouvrir des enquêtes sous la pression des familles craignant une suite de lynchages racistes.

Deux afro-américains trouvés pendus à des arbres

Ailleurs, c’est aussi en Californie où l’ombre d’autres crimes raciaux plane sur les rassemblements « Black Lives Matter ».

Des hommes noirs pendus à des arbres… ça vous rappelle un pan de l’histoire pas si lointain et aussi la chanson de Billye Holyday  “Strange Fruit”… Mais cela semle toujours actuel. Ces deux dernières semaines, nous confirme The New York Times, des passants ont découvert deux corps pendus à des arbres dans des parcs publics, l’un à Victorville le 31 mai, l’autre à Palmdale dans la banlieue de Los Angeles le mercredi 10 juin. 

Dans les deux cas, la police locale a conclu à des suicides, évoquant une recrudescence liée à l’épidémie de Covid-19. Mais les familles, poursuit le réseau de radios publiques NPR, contestent cette version des faits, ces conclusions tirées trop rapidement selon elles. Encore ce dimanche un rassemblement a eu lieu en mémoire de Robert Fuller, 24 ans, à Palmdale, pour demander que justice soit faite, selon le slogna repris par le Los Angeles Times… mais dans tous les esprits il y avait cette conviction qu’il est extrêmement rare, dans la communauté afro-américaine, de se suicider de cette manière dans des lieux publics ; que ça ne correspond en rien, disent leurs proches, à la personnalité des deux jeunes hommes ; et que l’empressement des policiers à conclure aux suicides pourrait en fait masquer des cas de lynchages purs et simples de noirs-américains.  

Ces événements sont arrivés dans la foulée du meurtre de Rayshard Brooks par la police

Avec un nouvel épicentre : Atlanta, et ce parking de fast-food où Rayshard Brooks, 27 ans, a été abattu par des policiers alors qu’il tentait de leur échapper. C’est arrivé vendredi et depuis, même si les circonstances de cette mort sont forcément différentes des celles de George Floyd à Minneapolis le 25 mai, les deux noms se confondent sur les banderoles des manifestants et les Unes de journaux américains.

L’autopsie du corps de Rayshard Brooks, indique CNN, a livré ses conclusions : le jeune homme a succombé à deux coups de feux tirés par les policiers dans son dos, alors qu’il tentait de fuir après avoir échappé à leur contrôle et les avoir menacé avec le taser qu’il leur avait dérobé.  

Deux balles dans le dos, cela relève de l’homicide, dans la nomenclature des enquêtes policière et, nous dit The Atlanta Journal Constitution, ça relance forcément le débat sur l’utilisation de leur arme à feu par les policiers. Rappelons, avec le quotidien local de Géorgie que la chef de la police d’Atlanta a démissionné samedi suite à la mort de Rayshard Brooks, et que le policier auteur des coups de feu a été immédiatemment relevé de ses fonctions. “Cela ne suffira pas, nous voulons la justice et une réforme de fonds des pratiques policières“, ont à nouveau scandé ce dimanche des milliers de personnes réunies à Atlanta… et ailleurs.