Enlèvement d’un enfant : six suspects arrêtés, un libéré sous condition

Le parquet du Limbourg l’a confirmé dans la nuit de lundi à mardi : six suspects ont été arrêtés pour l’enlèvement d’un mineur et une septième personne a été libérée sous condition. Les audiences préliminaires des concernés se sont prolongées jusqu’à ce mardi 2 juin 2020 en matinée.

Revenons sur les faits. Dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 avril, des individus masqués et lourdement armés sont entrés au domicile d’une famille à Genk (région de Flandre, Belgique) et ont enlevé de force le fils de 13 ans. Des multiples échanges ont alors eu lieu entre la famille et les ravisseurs. Ceux-ci demandaient plusieurs millions d’euros de rançon pour lui rendre la liberté et lui permettre de retourner chez ses proches. Après le versement d’une partie des sommes exigées, le jeune homme a été libéré lundi après minuit. Il a été déposé à environ un kilomètre de son domicile. Le garçon a été séquestré pendant 42 jours.

Ouverture d’une enquête qui a donné des résultats : sept suspects arrêtés

Les ravisseurs ont donné signe de vie de l’adolescent à sa famille à deux reprises. Une enquête a été ouverte par la police judiciaire fédérale du Limbourg pour enlèvement et séquestration Plus de 25 enquêteurs ont travaillé à cette fin 24 heures sur 24, sans discontinuer, chaque jour. Ils ont pu constituer une équipe de 100 personnes au total pour l’enquête.

Au départ, les enquêteurs ont cherché « à l’aveugle » quelques indices, ne sachant pas où aller. Ils ont vu ensuite que le père et l’oncle du jeune homme avaient été condamnés pour leur rôle dans un trafic de stupéfiants internationalement et avaient été respectivement condamnés à six et 15 ans de prison. Lors du procès, le ministère public avait évoqué des bénéfices de l’ordre de 30 millions d’euros pour l’organisation liée à la famille. Pas un passé tout rose, donc. Cela aurait incité les auteurs à kidnapper le fils pour en tirer profit, d’une somme conséquente.

Peu après minuit, lundi 1er juin, le jeune homme est rentré chez lui à pied. Il semblait aller bien, tant selon le directeur de la police judiciaire fédérale du Limbourg, Kris Vandepaer, que l’avocat de la famille du garçon, Luk Delbrouck.

De une heure à six heures du matin lundi, les policiers ont réalisé des perquisitions en quatre endroits, deux à Houthalen-Helchteren, le reste à Maaseik, Zutendaal et Maasmechelen. Résultat : sept arrestations ont eu lieu.

Parmi les suspects figure Khalid Bouloudo (45) de Maaseik, qui avait déjà fait l’objet d’une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour avoir recruté des jeunes combattants pour l’Etat islamique en Syrie.

Les autres suspects sont un homme de 31 ans de Zutendaal, un autre de 36 ans d’Houthalen-Helchteren, trois frères anversois et un dernier individu de Berchem.

Un suspect anversois de 36 ans par ailleurs été libéré sous condition, bien qu’une interdiction de quitter le territoire et d’entrer en contact avec d’autres suspects ou proches de la victime lui aient été ordonnées. Tous les suspects seront présentés vendredi devant la Chambre du Conseil, à Tongres (Flandre).