Charleroi : une infirmière a été licenciée pour burn-out “parce qu’elle n’est pas assez productive”

La crise du covid a amené les travailleurs (infirmiers, infirmières, médecins, aide-soignant.e.s, etc.) du milieu hospitalier à travailler d’arrache-pied pour lutter contre la pandémie et sauver le maximum de vie, comme nous l’avons vu depuis le mois de mars, et même avant.

Le mari de l’infirmière en question, qui a été licenciée pour burn-out a écrit ce message de colère sur les réseaux sociaux : “Après 22 ans de carrière, avoir subi de plein fouet la crise du COVID-19 à l’hôpital et avoir travaillé même malade par manque de personnel, ma femme reçoit un appel de la direction du GHdC (le Grand Hôpital de Charleroi) pour lui dire qu’elle va recevoir son préavis car son certificat pour épuisement physique et moral met en péril l’organisation de l’hôpital…” Ce texte d’indignation a très vite été largement partagé sur les réseaux sociaux. L’infirmière en question, c’est Sylvie Zaprzalka, une infirmière de longue date. De son côté, elle n’a pas souhaité commenter son licenciement car des discussions doivent encore être menées par son syndicat avec la direction de l’hôpital. Le fin mot de l’histoire est donc encore à venir.

L’hopital refuse d’expliquer les motifs du licenciement

Aldo Lala, l’époux de l’infirmière a, lui, pris la parole. Il a déclaré au journal 7sur7 : “Je suis fâché pour le manque de considération et de respect qui a été témoigné à mon épouse. Elle a appris la mauvaise nouvelle par téléphone et le lendemain, elle a reçu un courrier recommandé par la poste. Elle était complètement sonnée et effondrée. Elle ne s’y attendait vraiment pas”.

L’infirmière ne s’est plus rendue à son travail depuis le 29 mai dernier pour cause de burnout. Le GHdC n’a pas voulu communiquer sur ce dossier. La seule chose que la direction a bien voulu déclarer, c’est que la Covid-19 n’est nullement à la base de cette décision.

Appel à la mobilisation pour soutenir les travailleurs de la santé

Suite à ce licenciement pour burn-out, le collectif la Santé en Lutte a décidé de réagir et de soutenir l’infirmière. Il a réécrit sur Facebook les mots du mari de l’infirmière : “Ça fait dix ans que vous travaillez en sous-effectif (…) Et c’est pour ça que les infirmières sont épuisées et démoralisées…

Pour ce collectif, très actif dans la revendication des droits du personnel médical (tout métier confondu) a ajouté cette autre citation du mari : “Mais ce n’est pas grave [pour vous] de les presser comme des citrons car le pognon rentre et on s’en fout de la sécurité des patients. Seulement, à force de tirer sur la corde, elle casse. Et même les plus courageuses s’épuisent… Je réagis rarement sur les réseaux sociaux mais là, c’est trop. Ma femme n’est pas une profiteuse ou encore moins une fainéante. Elle a toujours travaillé à temps plein, élevé deux enfants et tenu sa maison en ordre sans aucune aide ménagère…

Un appel a se rassembler a été lancé : “Sous la charge, les infirmières craquent et les gestionnaires licencient…Pressé·e·s comme des citrons, ensuite jetés car non-productif·ves, nous devons nous défendre ! Nous ne sommes pas de la chair à canon ! Venez manifester le 13 septembre à la Grande Manifestation de la Santé-Grote Betoging voor Gezondheid !” Voilà qui est fait.

*La photo de couverture ne sert qu’à des fins d’illustration