Dijon (France) : incendies, armes lourdes, tentative de meurtre et crash de voiture pendant plusieurs nuits

Jeudi 18 juin, six premières interpellations ont été réalisées dans l’enquête ouverte par le parquet de Dijon après les violences du week-end des 13 et 14 juin. Les faits reprochés sont : « tentative de meurtre en bande organisée, dégradation en réunion, violences aggravées, association de malfaiteurs et participation à un groupement armé », les investigations visent, d’une part, à comprendre comment des dizaines de membres de la communauté tchétchène, pas moins de 170 selon une source policière, ont pu commettre une expédition punitive et, d’autre part, à identifier ceux qui, parmi eux, se sont rendus coupables d’exactions.

Pour cela, une grande opération de perquisitions mobilisant 140 policiers a été lancée ce vendredi 19 juin en matinée notamment aux Grésilles, un quartier sensible de Dijon (à l’est de la France) qui fut “secoué entre le 12 et 15 juin par plusieurs nuits de violences”, comme l’a déclaré Bernard Schmeltz, le préfet de la région. Des perquisitions ont aussi été faites à Dijon et au Mail à Chenôve. “Le but de l’opération n’était pas d’arrêter des suspects”, a ajouté le préfet. Le RAID est intervenu.

Pour la police, il s’agissait avant tout de rechercher des armes, des munitions et des stupéfiants.

Six personnes interpellées pour possession d’armes et incendies

Par ailleurs, Eric Mathais, le procureur de la République, avait précisé mercredi 17 juin que les investigations continuaient afin de parvenir à identifier les participants aux violences des Grésilles et de Chenôve, dans la banlieue sud-ouest de Dijon, lundi 15 juin en soirée. Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, des hommes cagoulés sont apparus munis de ce qui semblait être des fusils d’assaut ou des pistolets automatiques.

Ils s’en sont aussi pris à des caméras de sécurité et ont incendié des véhicules. Ces violences ont fait suite à une série d’actions de représailles lancées par des membres de la communauté tchétchène désirant se venger de l’agression d’un adolescent par, d’après eux, des habitants des Grésilles. Le calme est revenu depuis mardi et le père tchétchène de l’adolescent agressé a demandé que cessent ces exactions.

Les habitants ont critiqué la gestion de ces violences par le préfet et l’ont fait savoir. Finalement, six Tchétchènes ont été interpellés jeudi dans le cadre de l’enquête concernant ces faits qui ont fortement marqué les esprits dans une capitale bourguignonne peu habituée à ce type de tensions.

Le préfet a refusé de commenter un appel de certains habitants des Grésilles à manifester samedi à Dijon pour réclamer sa démission. Aucune déclaration de manifestation n’avait encore été déposée vendredi en milieu de journée.