France : Plenel rappelle à Darmanin (ministre de l’Intérieur) que Bousquet aussi se disait républicain

C’est un boulet de canon que vient de lancer sur Twitter Edwy Plenel, patron de Mediapart, le journal d’investigation. Il a écrit, ce dimanche 2 août, que Darmanin devait réfléchir à ses positions politiques en faisant appel à l’exemple de René Bousquet, chef de la police de Vichy, le régime qui a collaboré avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre Mondiale, et qui s’est rendu coupable de crimes de guerre.

Edwy Plenel s’était déjà rangé du côté du maire de Colombes qui avait indigné l’opinion publique en rappellant les actes la police sous le régime de Vichy à celle d’aujourd’hui, apprend-on via le site Sputnik News. Voilà donc qu’Edwy Plenel fait un pas de plus et interpelle directement Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur du gouvernement Castex-Macron, et donc lui aussi, comme René Bousquet, chef de la police. Sur Twitter, il a en effet établi un parallèle entre le ministre de l’Intérieur et le secrétaire général de la police de Vichy qui fut assassiné dans les années 90.

Edwy Plenel a écrit : “Marseille 1943: une photo résume la compromission française. On y voit René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, hilare, aux côtés du commandant du 10e régiment SS et du commandant du SIPO-SD (police de sécurité)“. Sur la photo qui accompagne son tweet, on peut voir des réfugiés avec leurs bagages accompagnés par la police de Vichy aux ordres de l’occupant nazi.

En-dessous de ce premier tweet, il en a posté un second : “La photo en question, à mediter par @GDarmanin actuel ministre de l’intérieur. René Bousquet était un prefet qui se disait républicain et qui n’était pas fasciste. La catastrophe naît d’une accoutumance au pire.

Le ministre de l’Intérieur n’a pas encore réagi à la publication.

Le maire de Colombes a comparé des discours de Bousquet et de Darmanin

Сe post sur Twitter intervient après qu’Edwy Plenel a pris le 27 juillet dernier la défense du maire écologiste de Colombes (Hauts-de-Seine), Patrick Chaimovitch, qui avait indigné l’opinion publique en comparant dans un discours de commémoration de la rafle du Vel d’Hiv le 19 juillet les gendarmes au service du régime de Vichy à ceux d’aujourd’hui.

L’inculture historique de l’actuelle classe politique française me sidère“, déclare Plenel. Et il avait ajouté : “l’État français de Vichy, qui a collaboré (ses administrations, sa police, sa justice), était issu de la IIIe République“, avançant ainsi que l’actuelle République est exposée aux mêmes périls qu’à cette période.

Réitérant que «la collaboration française au crime nazi s’enracine dans les dérives xénophobes et répressives de la IIIe République finissante», il souligne également que M «n’a fait qu’énoncer une vérité historique».

Le maire est revenu sur sa déclaration

Cependant, dans un communiqué adressé à l’AFP le 27 juillet, Patrick Chaimovitch dit «regretter que [s]on propos ait pu porter à confusion», réaffirmant son «soutien aux policiers et aux gendarmes qui exercent la lourde responsabilité républicaine de sécurité dans des conditions extrêmement difficiles».

«Il n’y a pour moi aucune comparaison possible entre police et gendarmerie d’un État démocratique d’une part, et police et gendarmerie de l’État pétainiste d’autre part», précise-t-il, rejetant tout parallèle entre «le sort des migrants» et celui «des juifs promis à l’extermination».

Plenel a critiqué par des journalistes et sur Twitter, notamment qu’il avait atteint le point Godwin.