France : “Avoir nommé Darmanin ministre de l’Intérieur est une faute politique” (VIDÉO)

C’est ce qu’a écrit dans le Nouvel Obs, Pascal Riché, journaliste français, directeur adjoint de la rédaction dudit journal, ce 14 juillet, jour de la Fête Nationale française. Il se demande en effet pourquoi avoir nommé Darmanin à la tête du ministère de l’Intérieur et en quoi ceci est une faute politique. Il a fait un édito pour s’expliquer. Pascal Riché se questionne et pose un constat simple : “Alors qu’il est accusé de viol, Gérald Darmanin a été nommé place Beauvau.” Pour lui, il s’agit là d’une “promotion qu’Emmanuel Macron risque de payer cher”.

Pour le journaliste de l’Obs, la réaction de Bruno Le Maire au sujet de la nomination de Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur est lourde de sens et en dit beaucoup. En effet, Bruno Lemaire, ministre de l’Economie, a déclaré : « Je ne comprends pas cette polémique. »… Sachant que Darmanin est poursuivi en justice actuellement pour une affaire de viol potentiel. Et il y avait eu des manifestations en France et même au-delà, comme en Belgique à Bruxelles, couverte en live par ODP news, pour dénoncer le sexisme que représente une telle nomination.

Cette phrase de Bruno Le Maire “résume le gouffre qui sépare le pouvoir de toutes celles et tous ceux qui manifestent contre la promotion de l’ex-ministre de l’Action et des Comptes publics à la place Beauvau“, a écrit le journaliste Pascal Riché. Il y a en effet de quoi se poser la question à ce sujet au vu des manifestations féministes qu’il y a eu en France et à l’étranger. Tout en précisant qu’il faut néanmoins garder la présomption d’innocence à son égard à ce stade de l’enquête. Par précaution.

Le contexte du viol potentiel commis par Darmanin

Cela aurait eu lieu en 2009. D’après ce que détaille Pascal Riché dans son édito de l’Obs : “Gérald Darmanin a demandé à une femme des rapports sexuels en échange de la promesse d’intervenir auprès du ministère de la Justice pour faire effacer le casier judiciaire de celle-ci. Son avocat ne nie pas ces faits mais la qualification de « viol ». Et il ajoute : “Une information judiciaire a été ouverte, un juge a prononcé un non-lieu, il y a eu appel, l’enquête a été rouverte en juin. A moins que les juges ne s’en chargent eux-mêmes, des policiers peuvent donc être amenés à interroger le ministre… sous les ordres duquel ils sont désormais placés. Une situation pour le moins inhabituelle et qui a choqué la presse internationale.”

« Premier flic de France » mais potentiel suspect de faits de moeurs

Il est en effet étonnant à tout le moins, comme l’Obs le fait savoir, que l’enquête en cours « n’a pas fait obstacle » à la nomination de Darmanin, comme a communiqué l’Elysée. Les militantes féministes et les militants qui les soutiennent s’en sont immédiatement indigné-e-s. Notamment à Bruxelles, donc même en dehors de l’hexagone, des phrases très claires ont été scandées et écrites sur des pancartes. ODP en a interviewées plusieurs et elles ont fait par de leur sentiment d’indignation.

Depuis #MeToo et #BalanceTonPorc, les campagnes féministes sur les réseaux sociaux, les violences faites aux femmes ne peuvent plus être ignorées du débat politique et de société. Ce qui est une bonne chose. Et c’est justement cela qui met des bâtons dans les roues à Darmanin (tout comme à Dupond-Moretti pour ses propos dénoncés comme sexistes par les féministes). A côté de cela, les vagues promesses macronistes de l’égalité homme-femme ne pèsent plus rien, et ne sont que des mots.

Macron ne respecte pas ses promesses de moralisation

Pascal Riché déclare : “Mais la nomination de Darmanin n’en est pas moins une faute politique, que le président risque de payer cher. Une des raisons de l’attrait qu’il avait suscité en 2017 était sa promesse de rétablir la confiance des citoyens vis-à-vis du pouvoir“.

Macron s’était montré comme un président qui voulait moraliser la vie politique et voilà qu’il accepte à son gouvernement un ministre qui subit une enquête pour viol, un ministre qui tient des propos sexistes. Et par ailleurs, il est le président qui sera retenu pour avoir fait perdre un oeil, arraché des mains à des dizaines de personnes, et même tué certains (dont une vieille dame à Marseille), des milliers d’incarcérations arbitraires et de violences policières dans tout le pays, pendant la crise des Gilets Jaunes.

Le président Macron qui voulait se montrer démocratique, ne semble plus en faire grand bruit, et ce, depuis au moins novembre 2018 avec le début du mouvement social qui a fait tant de victimes.

“La disparition promise de « l’ancien monde » devra attendre” [comme avait promis Macron], déclare Pascal Riché, de l’Obs.

*Source Photo de couverture : Facebook (Gérald Darmanin)