Soudan : les Janjawids, milices du gouvernement, ont lancé une attaque meurtrière au Darfour (VIDÉO)

Cela s’est passé au cours des dernières 24 heures. Les milices Janjawids, proche du pouvoir et bien connues dans la région pour leurs massacres depuis des années, ont lancé une attaque violente contre le sit-in dans le camp du Fata Burno, situé dans l’État du Darfour Nord. Résultat : ils ont tué plus de 9 personnes morts et 14 blessés.

La cause du sit-in était l’insécurité. Trop d’agriculteurs ont déjà été tués, et trop de femmes violées. Raison pour laquelle les populations fragilisées – étant les cibles des milices Janjawids – se sont déplacées. Et ces déplacés ont fait usage d’une façon Pacifique pour demander leur droit. Ils ont fait un sit-in. Le sit-in a tout de même duré plus d’une semaine sans qu’aucun fonctionnaire du gouvernement ne vienne les rencontrer pour connaître leurs requêtes.

Une personne présente raconte, en pointant la responsabilité politique aux gouvernants : “Nous avons donc été surpris par cette attaque sanglante. Nous en tenons le gouvernement responsable parce qu’il ne veut pas répondre à ces demandes légitimes“. Et à titre personnelle, ce témoin déclare : “En plus, je demande aux organisations humanitaires internationales d’intervenir la plus vite possible. La situation s’est dégradée au Darfour. Trois villes (Kabkabiya, Nertite et Mester Fatera), sinon plus, font des sittings aujourd’hui, et chacun d’entre elles a la même demande : recevoir de l’aide au plus vite“.

9 morts, 14 blessés

ODP news a pu obtenir la liste des 9 victimes décédées suite à l’attaque, via cette même source, présente lors de l’attaque. Voici leurs noms : Yassir Abdallah, Abdallah Ibrahim, Khadija Ibrahim, Issak Abakar, Nour Aladin Saliha, Ahmed Ibrahim, Abdallah Abkar, Aboubar Ibrahim et Mohamed Abdallah Jufoun.

Les blessés sont ceux-ci : Hassan Ibrahim, Adam Abakar, Abdallah Djouma, Abd Al Aziz Fadoul, Mustafa Mohamed, Ibrahim Adam, Ahmed Sidik, Ibrahim Mohamed, Jamal Ahmed, Sulaiman Youssef, Abakar Ibrahim, Mohamed Ibrahim, Adam Sulaiman et Ibrahim Abdallah.

L’attaque était d’une milice armée qui montait des motocyclettes, des chameaux, des chevaux et des véhicules à quatre roues motrices ils sont arrivés à Fatabrno et mis le feu au marché, et a été pillé et brûlé complètement, en utilisant des armes

Les janjawids se sont alliés au gouvernement pour terroriser la population

Le même témoin de la scène sanglante qui a eu lieu déclare : “les Janjawids est un groupuscule qui est soutenu, depuis 2003, par les autorités soudanaises, et qui vise à terroriser les populations non-arabes de la région“. Les Janjawids sont à la base des étrangers du Soudan, venant notamment du Tchad.

Mediapart qui a retracé l’historique des Janjawids fait état que “les Janjawids, ce sont littéralement les « diables à cheval ». Ce mot est apparu dans les années 2000 au début de la guerre au Darfour, lorsque les forces de l’Armée Populaire du Soudan (SLA) ont progressé dans plusieurs villes comme la ville d’Al-Fashir. Le gouvernement d’Omar Al-Bachir a appelé les tribus arabes à défendre et arrêter la progression des forces rebelles. Il a donc armé des groupes d’hommes de ces tribus pour contrôler la région et lutter contre les forces rebelles“.

Le journal français aujoute, comme l’a déclaré le témoin, que les liens sont proches depuis le départ entre ces groupes et le gouvernement du Soudan (et même du Tchad) : “Cette milice, majoritairement issue des milieux ruraux de l’Ouest du Soudan, a des liens forts avec le gouvernement tchadien et avec le gouvernement soudanais. Le président tchadien Idriss Déby a par exemple épousé la fille de Moussa Hilal, le chef des Janjawids à l’époque du génocide au Darfour dans les années 2000“.