Génocide de Srebrenica : 25 ans après, les musulmans commémorent leurs morts et déplorent le déni serbe

Le le 11 juillet 1995 plus de 8 000 hommes (et adolescents) bosniaques musulmans ont été massacrés dans la ville de Srebrenica. L’acte a été commis par les forces serbes de Bosnie lors de la guerre de Yougoslavie des années 90. Une commémoration du massacre a eu lieu aujourd’hui, 25 ans après le drame. Mais le déni serbe continue.

Depuis la Seconde guerre mondiale, ce massacre est reconnu comme la pire tuerie de masse en Europe. Raison pour laquelle les musulmans de Bosnie commémorent ce samedi 11 juillet le génocide de Srebrenica. C’était il y a vingt-cinq ans tout juste, le 11 juillet 1995, plus de 8 000 victimes bosniaques ont été comptées.

Une inhumation des dépouilles de neuf victimes du massacre ont été prévues après les commémorations officielles. Leurs restes seront enterrés dans le cimetière du Centre mémorial du génocide, à Potocari, un village près de Srebrenica où se trouvait pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-1995) la base de la force de protection de l’ONU (Forpronu). Aujourd’hui, environ 6900 victimes du massacre ont été retrouvées dans plus de 80 fosses communes et identifiées. La plupart reposent dans le Centre mémorial.

Srebrenica a été prise le 11 juillet 1995, cinq mois avant la fin de la guerre, par les forces des Serbes de Bosnie. Elle a été déclarée “Zone protégée” des Nations Unies. Les dirigeants politique et militaire des Serbes de Bosnie à l’époque des faits, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, ont été condamnés à perpétuité par la justice internationale, notamment pour le siège de Sarajevo et surtout le massacre de Srebrenica.

La Serbie toujours dans le déni… de ce génocide

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a qualifié le massacre de 1995 de génocide.

, cette tragédie a marqué un tournant de la guerre en Bosnie qui a opposé Bosniaques, Serbes et Croates de 1992 à 1995, faisant plus de 100 000 morts et 2,2 millions de réfugiés et de déplacés. 

En 2020, un quart de siècle après, le massacre reste l’une des principales pommes de discordes entre les communautés bosniaque (musulmans) et serbe (chrétiens orthodoxes). Les musulmans estiment que sa pleine reconnaissance reste une condition pour la construction d’une paix durable entre les deux pays des Balkans. Nombre de Serbes de Bosnie, dont des dirigeants, jugent inacceptable la qualification de “génocide”. 

Des projets de loi interdisant le déni ont plusieurs fois été rejetés par les députés serbes au Parlement fédéral bosniaque. La reconnaissance n’est toujours pas acquise.