Avortement : pour la ministre Marghem, “les femmes belges contrôlent déjà leurs corps”

Le réseau social Facebook est, on le sait, un terroir propice aux commentaires, au dialogue et parfois aux “clashs”, par commentaires interposés entre utilisateurs. Il y a des débats de toutes sortes. L’avortement (ou IVG, interruption de grossesse) est l’un de ceux-là. Et il est extrêmement clivant. Il oppose les “pro-choix” ou “pro-vie”.

Les associations et citoyen-ne-s féministes s’opposent aux conservateurs avec vigueur. Les unes prônent le “my body, my choice” (“mon corps, mon choix”) tandis que les autres disent qu’il faut défendre la vie à tout prix.

La ministre fédéral belge de l’Énergie, de l’Environnement et du Développement durable, Marie-Christine Marghem, du parti MR, semble ne pas savoir où se positionner. Son parti, le MR applique, en fait, le principe de liberté de vote car il s’agit d’un sujet éthique. Le député Michel De Maegd a expliqué dans une longue carte blanche son opposition aux nouvelles conditions de l’avortement. 

Photo de Chichi Araca.
Capture d’écran Facebook d’une conversation entre un internaute et M-C Marghem sur l’IVG – D.

Des internautes ont estimé que Marghem était contre le droit à l’émancipation des femmes et de leurs corps. Un internaute apparemment sous pseudo, Chichi Araca, a écrit à la ministre : “(…) cette femme lutte contre le droit et l’émancipation des femmes (…)”, comme le montre la capture d’écran ci-dessous. Marghem s’est défendue en personne et a répondu : “les femmes sont parfaitement à même de contrôler leur propre corps mais quand le foetus qu’elles portent atteint l’état de personne humaine, deux vies sont en jeu”.

La ministre a manifestement du mal à prendre position, peut-être du fait des positions de son parti, le MR, classé à droite de l’échiquier politique, qui reste flou sur la question.

Un vote au Parlement reporté par le CdH, le Vlaams Belang et la NVA pour prolonger le délai de l’IVG

La Chambre va-t-elle, finalement, voter la dépénalisation totale de l’interruption de grossesse et la prolongation du délai d’IVG à 18 semaines ? Depuis près d’un an, un texte du PS, dont la philosophie est soutenue par le sp, Défi, le PTB, Ecolo-Groen, le MR et le VLD, navigue au Parlement fédéral, entre commissions, renvoi au Conseil d’Etat et conférences des présidents. Celle-ci, organisée ce mercredi midi, a entériné l’agenda de la plénière de jeudi et la proposition de loi IVG sera débattue.

Le texte sera-t-il voté ? C’est l’espoir des partisans de la proposition. Toutefois la possibilité existe que celui-ci soit à nouveau renvoyé en commission, afin qu’un examen des remarques faites par le Conseil d’Etat se fasse. Cela équivaudrait à un renvoi du vote à l’automne, après les vacances parlementaires. Il faudrait qu’une majorité des parlementaires le décide, soit 76 députés sur les 150, Pour que ce renvoi en commission puisse se faire.

Affaire à suivre.