Allemagne : une unité militaire dissoute pour ses liens avec l’extrême-droite

Les forces spéciales de l’unité militaire d’élite allemande, appelées communément “KSK”, a a été déstabilisée par plusieurs scandales. Il s’agit de liens entre celles-ci, par certains de ses membres, et la mouvance d’extrême droite. De ce fait, cette unité va être partiellement dissoute. C’est ce qu’a annoncé mardi 30 juin la ministre de la Défense allemande, Annegret Kramp-Karrenbauer.

Des chefs du KSK insuffleraient une “culture toxique” aux autres

Dans un entretien pour le quotidien Süddeutsche Zeitung, Annegret Kramp-Karrenbauer a déclaré que les forces spéciales (KSK) ont “partiellement pris leur autonomie” par rapport au reste de l’armée allemande. Et, selon elle, cela pourrait être “en raison notamment d’une culture toxique de certaines personnes à leur tête“.

Dissolution pure et simple

La ministre, qui est par ailleurs présidente du parti conservateur CDU (dont fait partie la chancelière Angela Merkel) n’a pas vu d’autre solution que d’agir à la racine : “En conséquence de cela, la KSK ne peut pas continuer sous sa forme actuelle“.

Photo de Modern Elite Forces.
Un soldat du KSK et sa moto – © Modern Elite Forces (Facebook)

Dans l’immédiat, la deuxième compagnie des forces spéciales allemandes, considérée comme le lieu où les dérapages d’extrême droite ont été les plus importants, sera dissoute sans être remplacée. Le KSK ne conservera donc plus que trois compagnies.

Tant qu’un renouvellement n’aura pas eu lieu, l’unité spéciale de la Bundeswehr ne participera pas aux exercices et aux missions internationales.

Des explosifs et des munitions d’armes volatilisés

Pas moins de 48.000 munitions et 62 kilos d’explosifs ont disparu des stocks du KSK. La ministre Annegret Kramp-Karrenbauer a qualifié les dernières découvertes de “troublantes” et “alarmantes“.

En outre, des membres des forces spéciales ont été identifiés comme étant proches de la mouvance ultra-nationaliste, au moment où les autorités s’inquiètent d’une résurgence du terrorisme d’extrême droite, visant migrants, Juifs et responsables politiques les soutenant. Ces deux éléments combinés ont poussé la ministre à agir.

Une enquête interne a été ouverte. Elle devra déterminer si ce matériel de guerre a été récemment volé ou si la comptabilité interne de l’armée a été bâclée, a dit Mme Kramp-Karrenbauer.

Une nouvelle évaluation devrait avoir lieu fin octobre. Et la ministre prévient que si les membres de ces forces spéciales “n’ont pas entendu ce premier coup de feu préventif, la question d’une réorganisation plus importante encore de la KSK se posera“.

Le mur du silence est en train de se briser“, a déclaré la ministre.