Bruxelles : interdiction de manifester ? En rue, oui, mais pas sur l’eau !

Ce dimanche 21 juin, des activistes ont manifesté d’une façon un peu particulière. Ils n’ont pas pris la rue, cette fois… mais l’eau du canal de Bruxelles ! Sur la page Occupy Brussels, ils ont détaillé leur action, précisé le but de celle-ci : “une trentaine d’(intrépides) matelots ont embarqué sur des radeaux pour une première manifestation nautique. Ils et elles ont occupé le canal pour dénoncer l’interdiction de manifester. Au son des tambours et des slogans, sous de nombreuses banderoles, ils et elles ont défilé en solidarité avec les luttes sociales et les oubliés de la crise sanitaire.

L’Etat nous interdit la rue, nous manifestons sur le canal“, ont déclaré les organisateurs de l’action qui a eu lieu dimanche après-midi sur le canal de Bruxelles, sous le pont Sainctelette. Une trentaine d’activistes ont circulé sur de petites embarcations pour revendiquer plus de place à la contestation sociale dont l’expression a été fortement limitée compte tenu de la restriction des contacts, des déplacements et des rassemblements, pendant la crise du coronavirus.

Photo de Occupy Brussels.
Photo de Occupy Brussels.

Se rassembler, réfléchir, s’organiser pour tendre vers plus de justice sociale et limiter le désastre écologique est un besoin essentiel“, ont-ils communiqué. “Alors que le Conseil National de Sécurité fait rouvrir l’industrie, les commerces, les bars, le secteur du tourisme… Il nous est toujours interdit de manifester! Nous n’allons pas attendre que le gouvernement daigne enfin nous donner la parole“.

Une action anticapitaliste, féministe, antipatriarcale, écologique, sociale et décoloniale

Par cette initiative, ils et elless ont voulu rappeler que des catégories de personnes au sein de la population ont été oubliées par les autorités dans cette crise sanitaire : les détenus, les personnes âgées, les sans-papiers, les migrants, ou encore les sans-abri. Ils ont aussi souligné leur soutien aux travailleurs qui ont été en première ligne durant la crise. En outre, ils ont demandé la régularisation de tous les sans-papiers, la création de logements abordables, la fin de l’impunité policière, du racisme d’Etat, du patriarcat et de la marchandisation des soins de santé.

Photo de Occupy Brussels.
Photo de Occupy Brussels.

Pour eux, il s’agit donc d’une action à visée transversale où plusieurs causes ont été défendues, comme ils l’expliquent sur le mur Facebook d’Occupy Brussels : « Nous occupons le canal de Bruxelles avec une quinzaine de radeaux pour reprendre l’espace de la contestation sociale et le droit de manifester qui nous a été retiré suite à la crise sanitaire. Nous occupons le canal car nos gouvernants sont déterminés à relancer dès que possible tout ce qui empoisonne ce monde et nos vies . Nous ne voulons pas de ce retour à l’anormal. (…) Alors que le Conseil National de Sécurité fait rouvrir l’industrie, les commerces, les bars, il nous est toujours interdit de manifester… Nous occupons le canal pour soutenir l’ensemble des luttes pour l’émancipation collective et être inventifs quand à la manière d’exprimer notre mécontentement et pour affirmer notre solidarité avec les oubliés de la crise sanitaire (…) Bref, pour un monde d’après radicalement différent, en rupture avec toutes les politiques menées jusqu’à présent. Il nous appartient de construire ici et maintenant un futur écologique, féministe, anticapitaliste, social et décolonial. Le temps de l’attente pour déconfiner nos colères est terminé.”

Un de leur slogan a été : “Pas de retour à l’anormal”… c’est-à-dire à la société telle qu’elle était avant la crise sanitaire, contre laquelle ils s’insurgeaient et militaient déjà, depuis des années.

Photo de Occupy Brussels.
Photo de Occupy Brussels.