Affaire Karachi : des proches d’Édouard Balladur condamnés à de la prison ferme

Les faits ont eu lieu il y a 25 ans et font pourtant encore bien parler d’eux. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, ce lundi 15 juin, six prévenus dans le volet financier de l’affaire Karachi, dont Nicolas Bazire et Ziad Takieddine. Il a estimé que les proches de l’ancien premier ministre Balladur ne pouvaient ignorer « l’origine douteuse » des fonds versés sur son compte de campagne présidentielle en 1995.

Sur le banc de la salle d’audience, un des hommes autrefois les plus puissants de France, Nicolas Bazire, qui n’est autre que l’ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon. Il y a par ailleurs, Renaud Donnedieu de Vabres, ancien conseiller du ministre de la Défense de François Léotard, devenu ensuite lui-même ministre de la Culture. Pendant la demi-heure de lecture du jugement, ni l’un ni l’autre n’ont dit un mot. Ils sont restés impassibles à la lecture d’un tableau implacable les condamnant à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour complicité d’abus de biens sociaux.

Outre Bazire et Donnedieu de Vabres, Takieddine est aussi condamné

Bazire et Donnedieu de Vabres ont été jugés coupables d’avoir mis en place un système de rétrocommissions lors de la signature par la France, en 1994, de deux contrats d’armements, en Arabie saoudite et au Pakistan. Le personnage clé de l’affaire, le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine, condamné à l’intar des deux autres, était, lui, absent de l’audience. Le saoudien El Assir n’est pas venu non plus.

Ces deux intermédiaires (Takieddine et El Assir) écopent de cinq ans de prison ferme et d’un mandat d’arrêt. Ils sont jugés coupables d’avoir empoché des sommes “d’un montant considérable“, est-il mentionné dans le jugement ( à savoir plus de 200 millions de francs de l’époque), en marge de ces deux contrats d’armement.

Balladur semble le prochain à être sur la liste, le prochain sur lequel la justice se penchera encore plus que ce qu’elle ne fait actuellement.