Des F-16 belges en Irak et en Syrie grâce aux voix de l’extrême-droite

Cette décision par vote est intervenue suite à une convocation préalable, ce 9 juin, d’une Commission “spéciale chargée du Suivi des missions à l’étranger”, où les députés ont pu obtenir plus d’explications de la Défense sur les règles réelles d’engagement dans le cadre de cette future opération. Le tout à huis clos.

Comme on pouvait s’en douter, la Chambre s’est retrouvée divisée sur la question, mais moins sur la nécessité de lutter contre les fragments subsistants de Daesh (Etat Islamique ou EIIL) encore présents en Irak et en Syrie que sur la possibilité d’un engagement aérien belge en Syrie.

Ainsi, pendant le vote : la N-VA (avec le député Théo Francken notamment, membre de la commission Défense), le Vlaams Belang, le MR, l’Open Vld et le CD&V ont voté en faveur du retour des F-16 belges dans la région. Le PTB-PVDA, les écologistes (Ecolo-Groen) et les socialistes (PS et sp) ont voté contre, à l’exception d’André Flahaut (PS) qui a choisi de s’abstenir.

Aidé par le Vlaams Belang

Les voix de l’extrême-droite étaient et seront nécessaires également en plénière pour un vote final sans doute déjà ce jeudi 11 juin. Si en plénière, Défi et cdH devraient soutenir le texte, la majorité fédérale “élargie” n’a en effet pas pu compter sur les voix vertes et rouges.

Ecologistes et socialistes dénoncent ici une opération militaire sans mandat clair de l’ONU, concernant la Syrie, et une violation du droit international, éléments déjà pointés en 2016 lors des premières frappes belges dans la région. Même au regard des explications de la Défense, le déploiement dans le ciel syrien resterait restreint. Les opposants invoquent un vide juridique pour le cas syrien où, contrairement à l’Irak, il n’y a pas eu d’appel du gouvernement local pour une action militaire contre une agression “extérieure” (et donc un genre de recours à la “légitime défense”).

Verts et rouges qui avancent aussi les changements du contexte international depuis lors : présidence Trump, effondrement de l’Etat islamique, ou encore l’appel au cessez-le-feu généralisé lancé par le secrétaire général de l’ONU dans le cadre de la pandémie du coronavirus.

Toutefois, le texte originel a largement été amendé, sur le plan de l’aide humanitaire à apporter aux populations notamment, à l’action diplomatique à renforcer alors que la Belgique siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, mais aussi sur l’information à fournir au Parlement et l’obligation de communiquer publiquement à propos du sort d’éventuelles victimes civiles après des frappes de la Belgique.

Troisième mission du genre après 2014 et 2017

Les chasseurs-bombardiers belges ainsi qu’un détachement d’appui d’environ 95 militaires seront positionnés sur la base jordanienne d’al Azraq, à l’instar des missions précédentes en 2014 et 2017. Cette mission-ci démarrerait en octobre et pour un an dans le cadre de la coalition internationale anti-Daesh. Le coût estimé est 24 millions d’euros. Quatre militaires opéreront par ailleurs au Qatar, au centre de commandement américain. Trois missions seront assignées aux chasseurs belges : la protection des troupes au sol (la plus importante, selon les explications de la Défense), la reconnaissance et des attaques ciblées contre l’EIIL.