Le président de la FGTB Robert Vertenueil éjecté de son siège

Après de longues discussions, les centrales qui composent la FGTB, syndicat socialiste, ont décidé ce soir de rompre avec leur président.

Depuis vendredi, une série de consultations ont eu lieu en interne mais jusqu’à présent, il n’avait pas été démis de ses fonctions. Cependant, ce lundi soir, après une nouvelle série de réunions au sein du syndicat socialiste, son sort a été scellé.

Les instances de la FGTB se sont, en effet, réunies pour décider de renouveler ou non leur confiance en leur président. Chaque centrale de la FGTB – Métallos, Centrale générale, Setca, Cgsp, etc devait se prononcer. Et les soutiens francs n’étaient vraisemblablement plus très nombreux.

Une rencontre de trop

On le sait, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase rouge est la rencontre, au siège du syndicat, entre le président de la FGTB et le président du MR Georges-Louis Bouchez, à l’instigation du journal Le Soir, pour parler de l’après-covid 19 et en particulier de l’élaboration d’un “prochain nouveau pacte social”. Une rencontre qui est très “mal passée” auprès de certains “camarades”, n’hésitant pas à parler de “trahison”. Pour beaucoup, à la FGTB mais pas seulement, il n’y avait rien à gagner avec cette rencontre et l’image laissée est négative.

Ainsi, l’idée même de pacte aurait bien été évoquée par les instances de la FGTB mais sans faire consensus. Robert Vertenueil est donc allé défendre une idée qui n’est pas celle de la FGTB. Aussitôt, certains “couteaux” sont ressortis pour égratigner l’ensemble de l’action de Robert Vertenueil, jugé trop “mou”, trop consensuel à l’approche des prochaines élections sociales et alors qu’un automne social s’annonce sur fond de crise économique relancée par la pandémie de coronavirus.

Vendredi, Robert Vertenueil avait été “secoué” par la salve des critiques. Ce qui explique sans doute dans l’après-midi, le un communiqué dans lequel il fustigeait le MR, expliquant que Georges-Louis Bouchez était “à la botte du patronat” et que le plan de relance des libéraux était inacceptable et dangereux pour les travailleurs : “Le monde de demain souhaité par le MR ressemble furieusement au monde d’un passé lointain que l’on pensait révolu”. Mais le communiqué – un rétropédalage -, ne calmait pas vraiment le jeu.

Vendredi après-midi toujours, les instances wallonnes de la FGTB s’étaient aussi réunies durant plusieurs heures – pour rappel c’est la FGTB wallonne qui lui avait donné l’appui nécessaire pour devenir secrétaire général, puis président du syndicat socialiste. Au final donc, il n’était pas démis de ses fonctions. Mais visiblement un simple recadrage ne paraissait pas suffisant à beaucoup et le patron de la FGTB était toujours en mauvaise posture. La confiance n’y était plus.

La FGTB est aussi composée de centrales comme les Métallos, le Setca, la Centrale générale la CGSP avec là aussi autant de lignes de partages. Représenter des caissières, des enseignants ou des sidérurgistes ne se fait pas de la même manière. Et en fonction de leur nombre de membres, ces Centrales d’ouvriers ou d’employés pèsent de manière différente, ce qui joue aussi dans les rapports de force et les oppositions en interne.

La FGTB repose aussi sur une structure nationale, mais entre francophones et flamands existent aussi de solides divergences de vues et de méthodes. Et puis il y a l’opposition fédéralistes et régionalistes, des divisions aussi entre les bassins liégeois ou du Hainaut.

Se pose aussi plus globalement la question de l’avenir : comment encore parvenir à mobiliser dans une société de plus en plus individualiste ?

Enfin la FGTB n’a pas toujours une ligne bien claire : à l’échelle “française”, la FGTB apparaît à la fois comme la CGT, toujours dans l’action, et comme la CFDT dans la réforme. Quel qu’il soit, le prochain président ne manquera pas de travail, notamment à 5 mois des élections sociales donc.

Le plus favori pour remplacer Robert Vertenueil : Thierry Bodson

D’après nos sources au sein de la FGTB, certains craignent son caractère régionaliste, peu propice pour un syndicat fédéral.

La page de Vertenueil est tournée au sein de la FGTB. Sa rencontre avec le président de MR George Louuis-Bouchez aura été la goutte de trop.