France : la manifestation du 6 juin contre les violences policières n’aura pas lieu déclare la porte-parole du gouvernement

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement d’Edouard Philippe, a annoncé, ce vendredi 5 juin 2020, que toutes les manifestations contre les violences policières prévues pour samedi 6 juin en France « ne devraient pas se tenir » en raison du coronavirus et de la situation sanitaire qui en découle.

Didier Lallement, préfet de police de Paris bien connu pour son intransigeance, a, lui, déclaré, ce 5 juin, avoir interdit deux rassemblements pourtant prévus à l’avance et non illégaux devant l’ambassade des Etats-Unis, à Paris, France.

La préfecture de police a été claire dans son communiqué : « Outre les troubles à l’ordre public que ces rassemblements peuvent générer, à l’instar des incidents et violences commis lors de celui du 2 juin dernier, les risques sanitaires qu’ils [ces deux rassemblements, donc] pourraient provoquer restent importants ». Il faut dire que le mardi 2 juin, une manifestation qui avait été interdite a rassemblé au moins 20 000 personnes à l’appel du comité de soutien à la famille d’Adama Traoré, un jeune homme noir mort en 2016 après son interpellation. Cela n’a peut-être pas plu à M. Lallement.

Bien que calme pendant tout le trajet, cette manifestation du 2 juin pour Adama a vu naitre des incidents sur sa fin. Le parvis du tribunal de Paris, où le rassemblement avait lieu, s’est peu à peu vidé de ses occupants en même temps qu’il se remplissait de gaz lacrymogènes.

ODP avait couvert l’événement dans un article.

Pour Sibeth Ndiaye, manifester n’est pas la solution pour se faire entendre

« Si on a interdit les rassemblements de plus de 5 000 personnes dans toute la France et sur la voie publique les rassemblements de plus de 10 personnes, c’est qu’il y a bien une raison », a encore répété Sibeth Ndiaye à l’antenne de Sud Radio. « Il faut que ces gens qui ont envie de manifester trouvent une autre manière d’exprimer ce besoin-là, parce qu’il faut quand même ne pas oublier la situation sanitaire » liée à l’épidémie due au coronavirus, a-t-elle déclaré.

« Néanmoins ce que ces manifestations révèlent, c’est qu’il y a un certain malaise pour au moins une certaine partie des Français. Donc on doit l’entendre et on doit être capable d’y apporter une réponse », a ajouté la Sibeth Ndiaye, en saluant les « mots très forts » du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, qui a promis une « sanction » pour chaque « faute ».

Au sujet du message appelant à « se réveiller » et « dénoncer les violences policières » en France, publié dans le journal “L’Obs” par Omar Sy, Ndiaye déclare qu’elle « ne partage pas tout de ce qu’il dit dans sa tribune, mais je pense qu’il a raison, dans le sens où on parle là de racisme dans la police ».

Elle a dit : « Je ne crois pas que la police française soit raciste de manière organisée » mais ajoute « qu’il puisse y avoir des individus qui sont racistes, ça existe dans tous les corps sociaux de la République ». « Il faut rechercher l’apaisement », a-t-elle ajouté, en dénonçant « tous ceux qui jettent de l’huile sur le feu en ayant des propos outranciers, qui mentent sur ce qu’est la réalité de notre pays ».

« Notre pays n’est pas un pays raciste, je le dis et je le redis avec beaucoup de force, et je suis heureuse d’y vivre en tant que femme noire », a-t-elle terminé.