Algérie : comment est décédé Kamel-Eddine Fekhar ?

Voic la declaration de Maitre Salah Dabouz, l’avocat de feu Kamel Fekhar, pour qui la mort de son client était programmée. L’avocat déclare : “Il m’avait fait cette déclaration : « On a programmé ma mort ». Et je l’ai dit dans des vidéos que j’ai postées sur ma page (Facebook)”.

Maitre Salah Dabouz poursuit : “Cela fait trois semaines que je fais des vidéos où je dis qu’il est très maltraité et il n’est pas pris en charge convenablement par le corps et paramédical du pavillon carcéral de l’hôpital de Ghardaïa. D’abord, il était en détention de façon arbitraire et je ne cesse de lancer des accusations depuis ce matin. J’accuse le procureur général de Ghardaïa d’avoir causé la détention arbitraire de Kamel Eddine Fekhar, laquelle a conduit à sa mort. Et j’accuse le juge d’instruction de la 1ère chambre d’avoir ordonné la détention de Fekhar avant même d’avoir examiné son dossier. C’est Fekhar qui me l’avait dit, et donc d’être la cause de son décès.”

Pour l’homme de loi algérien, la responsabilité est politique : “J’accuse le président de la Chambre d’accusation et le staff qui siège avec lui d’avoir maintenu la décision de détention de Fekhar malgré le fait que le dossier ne contient aucun fait grave. Et j’accuse le directeur de l’hôpital (de Ghardaïa) les médecins et le corps paramédical qui devaient le soigner mais qui ne l’ont pas fait correctement. Le décés de Kameleddine Fekhar est un crime politique, ceux qui doivent en assumer l’entière responsabilité est le régime algérien. Il cite trois noms plus particulièrement : Azzedine Mecheri, le “wali” de Ghardaia, Mohamed Bensalem, le procureur général de la cour de Ghardaïa et Brahim Tirichine, le directeur de l’hôpital Frantz Fanon

Arrêté le dimanche 31 mars à la mi-journée, en compagnie de ses deux enfants Yacine et Salim, près de son lieu de travail à Ghardaia, Kamel Eddine Fekhar a depuis entamé une grève de la faim pour dénoncer son incarcération. 
D’aprés maitre Salah Dabbouz, cette mort a été “programmée” “prévue” par les autorités judiciaires de Ghardaia.

“Kamel Eddine a été mis en détention pour un dossier vide décidé par le procureur général de Ghardaia, exécuté par le juge d’instruction de la première chambre sous la pression du procureur de la république et du procureur général. Le wali de Ghardaia a pour sa part toujours stigmatisé les militants des droits humains ; ils les a condamnés, avant que la justice n’examine leur dossier »
Fekhar et Aouf Hadj Brahim étaient détenus dans des conditions inhumaines dans le pavillon carcéral de Ghardaia. 
«J’accuse toutes les autorités judiciaires et administratives qui ont traité ce dossier” a poursuivi Maitre Dabbouz.

EODP présente ses sincères condoléances à la famille et à ses camarades de lutte et rappelle qu’elle avait déjà demandé en 2017 sa libération. Il est temps de libérer les prisonniers politiques en Algérie comme partout ailleurs.