La DGSI convoque des journalistes en cascade pour connaitre leurs sources !

Cela se passe en France en mai 2019. Chez nos voisins, il fait de moins en moins bon être journaliste. Certains journalistes avaient subis des intimidations de la part des forces de l’ordre au cours de leur reportages des Gilets Jaunes (on pense à Rémy Busine de Brut, deux journalistes de Libération ou Gaspard Glanz qui s’était fait arrêter). Mais révéler des informations dérangeantes pose aussi problème au “pays de l’Etat de Macron”.

Le 14 mai dernier, Mathias Destal, co-fondateur du site d’information Discole, et Geoffrey Livolsi du même média, ont été convoqués et entendu spour audition par la DGSI française (Direction Générale de Sécurité Intérieure – c’est-à-dire les services de renseignements). La DGSI estime que leurs articles sont “une compromission de la Défense Nationale” en leur précisant d’emblée qu’ils n’étaient pas là en qualité de journalistes mais à titre personnel..

Cela a d’ailleurs été confirmé ce 22 mai sur Europe 1 par Sibeth Ndiaye : “il s’agit de justiciables comme les autres” et que l’Etat français doit se protéger contre les fuites en son sein.

Geoffrey Livolsi s’est fait interroger sur des Tweets n’ayant rien à voir avec leurs articles sur la guerre au Yémen et les armes françaises vendues à l’Arabie Saoudite et utilisées sur des civils, explique Mathias Destal. “Ce n’est pas la première fois que des journalistes ont été convoqués pour leurs révélations (…) il y en a eu un certain nombre lors des mouvements sociaux de ces derniers mois”.

Et il ajoute qu’il ne regrette pas ces publications d’articles et qu’il continuera, au sein de Disclose, d’informer la population dans la bonne tenue et la déontologie nécessaire au métier de journaliste. Car les faits restent des faits : “Il y a bien des armes françaises qui sont utilisées potentiellement contre des civils, notamment les canons Caesar”.
Pour Mathias Destal, il s’agit d’une intimidation et une atteinte à la liberté de la presse. Un journaliste Radio France a également été convoqué sur ce dossier. Mathias Destal a déclaré que lui et Geoffrey Livolsi risquent cinq ans de prison et 65.000 euros d’amende.

Concernant ce dossier des révélations de Disclose, Mathias Destal a déclaré sur RT France qu’on l’enquête a été ouverte à la demande de la “Section Anti-Terroriste et Atteinte à la Sûreté de l’Etat” du parquet d Paris.


Ce n’est pas tout, en matière de convocation par la DGSI, à la demande du Parquet de Paris. Ariane Chemin du journal Le Monde qui a révélé l’affaire Benalla a également été convoquée par la DGSI, qui, là, souhaite en savoir sur les sources qui lui ont permis de démasquer l’ex-collaborateur de l’Elysée qui avait frappé des manifestants et s’était fait passer pour un policier. Elle sera entendue le 29 mai prochain.

Des journalistes et chroniqueurs ont apporté leur soutien à ces journalistes, à l’instar de Jean-Michel Aphatie ou Tanguy Pastureau, non sans une certaine indignation. “Il faut prendre cette affaire très au sérieux”, déclare Aphatie.