Bruxelles: la Commission Européenne transformée en écran géant pour dénoncer le sort des migrants (PHOTOS)

L’action a été réalisée dans la nuit du 23 au 24 septembre. Sur les images publiées par l’association belge Agir pour la Paix, qui milite pour la fin du nucléaire, les avions de chasse ou encore contre Frontex, on peut voir que la Commission Européenne est devenue un écran géant. Sur les bâtiments des institutions, situées à proximité du rond-point Schuman, à Bruxelles, ont été projetées des messages forts et des images percutantes. Agir pour la Paix a relayé l’action mais l’initiative vient de l’ONG “Charity help refugees”.

Le message des militants était clair (et l’est toujours) : la demande d’évacuation des camps des îles grecques. Il y a eu des messages tels que : « Je suis un enfant. Je ne mérite pas de vivre comme ça. Aidez-nous à sortir d’ici, s’il vous plaît » ou encore « Je suis venu ici pour avoir une vie sûre. Maintenant, je suis coincé ici, sans nourriture, sans eau. S’il vous plaît, s’il vous plaît, sortez-moi de là ».

Agir pour la Paix ajoute que “l’Europe Forteresse continue de se renforcer. Celle de la dignité et des droits humains régresse chaque jour”.

Indignation du député Philippe Lamberts sur Facebook au sujet des réfugiés et de l’UE

Quelle sera la réaction de la Commission Européenne ? Et des institutions européennes ? Au Parlement Européen, le député Philippe Lamberts a publié à ce sujet le message suivant : “La Commission prône plus de solidarité pour mieux expulserQuelle désillusion. Quelle honte. La Commission avait aujourd’hui la possibilité de réformer le désastreux règlement de Dublin en présentant ses propositions pour un nouveau pacte sur la migration et l’asile. Dublin, c’est ce règlement européen qui vise à déterminer l’État européen qui est responsable de l’examen d’un demandeur d’asile. Son principe premier – qui oblige le pays de première entrée à prendre en charge la demande d’asile – a entraîne la surcharge des pays frontaliers en matière d’accueil, notamment dans les îles grecques et en Italie. Dans ces ‘hotspots’, les demandeurs d’asile se retrouvent à vivre dans de conditions inhumaines, entassés dans des camps à la frontière de l’Europe. Déjà en 2017, le Parlement européen proposait de mettre en place une réelle solidarité en relocalisant les réfugiés sur base de quotas obligatoires, notamment pour désengorger les pays frontaliers.

Lamberts ajoute : “La proposition d’aujourd’hui est un pas dans l’autre sens : en maintenant le principe d’accueil des réfugiés sur base volontaire pour les États membres, la Commission accède aux idéaux d’Europe forteresse défendus par les pays d’Europe Centrale et de l’Est.Il y a quelques jours, nous avions cru percevoir les prémices d’une réforme positive, la Commission nous promettant une nouvelle approche de politique migratoire, plus humaine, et s’appuyant sur une plus grande solidarité entre les États de l’UE. Alors, de la solidarité, il y en aura ! Mais pas dans l’accueil des réfugiés. Bien à l’inverse, le pacte présenté aujourd’hui par la Commission organise la solidarité entre États européens pour mieux organiser les expulsions. En effet, la Commission propose aujourd’hui que les gouvernements qui refusent d’accueillir des réfugiés puissent à la place ‘sponsoriser’ et organiser le renvoi des demandeurs d’asile dont le dossier a été refusé. Mieux encore, les gouvernements peuvent choisir la nationalité des demandeurs d’asiles qu’ils souhaitent ‘aider’ à expulser. Qu’il est beau notre ‘mode de vie européen’, qu’elles sont belles nos valeurs européennes plus, les propositions d’aujourd’hui ne prévoient en aucun cas de pallier aux conséquences désastreuses du système de Dublin. Pire encore, il les renforce : sans toucher au principe de pays de première entrée, la durée de responsabilité de l’État frontalier d’un demandeur d’asile est prolongé de 18 mois à 3 ans, de quoi alourdir encore la tâche de ces États déjà débordés ce nouveau pacte, la Commission annonce en quelque sorte que le modèle des camps Grecs, celui de la souffrance systémique, celui des tentatives de suicide d’enfants désespérés aux frontières de l’UE, celui de Moria, sera son plan directeur, sa politique ‘par défaut’. La Honte: Malgré cette annonce dramatique, nous continuerons à clamer haut et fort, partout en Europe et au sein du Parlement européen : #NousAvonsLaPlace.Nos propositions pour une politique migratoire européenne axée sur l’accueil, la solidarité et l’humanité, dans cet article de Saskia Bricmont, qui suit ce cette situation de près: http://bit.ly/AsileSolidaire