Norvège: les Samis, peuple autochtone, ont protesté contre un projet de constructions sur leurs terres

Le 21 septembre, s’ouvrait au tribunal d’Oslo, un procès d’envergure. Le district du pâturage de rennes Jillen-Njaarke, avec le soutien de Motvind Norge, association militant pour la protection de terres au nord de la Norvège, a demandé une “injonction temporaire contre le développement de l’énergie éolienne à Øyfjellet”. C’est un procès qui n’aurait jamais dû avoir lieu, selon eux.

Eivind Salen, comédien stand-uper et militant a déclaré : “Il est difficile de croire que l’État norvégien, au lieu de soutenir l’industrie vulnérable de l’élevage de rennes des Samis du Sud contre le pouvoir capital étranger géant, il se range avec le pouvoir capitaliste“. Et Salen ajoute : “De plus, l’Etat norvégien met tout son poids pour acheminer les terres de mise bas vers le district de pâturage des rennes. Si cela se fait concrètement à Kalvingslandet, il ne sera plus possible de maintenir l’élevage traditionnel des rennes“.

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Prise de parole lors du rassemblement pour la protection d’un pâturage de rennes menacé – © Jørund Nygård

“Le gouvernement aurait pu refuser le permis de construction plusieurs fois”

Malgré cela, le développeur a été autorisé à agir. Ils ont été autorisés à commencer avant que toutes les plaintes ne soient déposées, et ils ont été autorisés à continuer malgré la période de vêlage, malgré le fait qu’ils se sont eux-mêmes rendu compte qu’ils ne seraient pas terminés et ont demandé un report que le Storting a fixé qu’ils ne recevront pas.

En d’autres termes, le gouvernement avec les partis conservateurs, libéraux a eu de nombreuses occasions de refuser ce permis, d’après les militants contre ce projet éolien sur les terres des Samis. “Il n’aurait jamais dû être accordé. Au lieu de cela, le gouvernement, avec le ministre responsable et les secrétaires d’État, s’est toujours rangé du côté du promoteur et a même annulé l’ordre de l’Agence norvégienne de l’énergie de faire une pause dans le développement pendant la période de vêlage“, disent les défenseurs de ces terres face aux promoteurs et à l’Etat norvégien. Pour les militants, c’est un scandale, donc.

Un projet qui rapporte gros à l’Etat norvégien

Swedish Eolus a vendu la licence à l’allemand Aquila Capital, qui à son tour a vendu l’électricité que l’usine produira à Canadian Alcoa. Les zones de base, avec les droits sur l’installation, sont gagées dans la Rabobank néerlandaise. Cette somme à elle seule est d’environ 3,3 milliards de NOK (couronnes norvégiennes). S’il devait y avoir un déficit, l’Institut norvégien de garantie du crédit à l’exportation (GIEK) a donné une garantie de déficit de quelques milliards.

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Militante prenant la parole – © Jørund Nygård

Evind Salen dit aussi : “Et puis, le district de pâturage des rennes des Samis du Sud, Jillen-Njaarke, est tout seul contre toute cette machine. Toutefois, chez Motvind Norge, nous avons collecté un demi-million de couronnes [monnaie norvégienne – ndlr], et nous en avons fait don de nos propres fonds pour soutenir la cause. Ce sera un cadeau du peuple norvégien au peuple des Samis du Sud. Le gouvernement d’ailleurs devrait en faire autant“.

Eivind Salen termine son texte en disant : “Nous souhaitons sincèrement que le district de pâturage des rennes remporte la cause demain. La question au gouvernement et aux partis au pouvoir est la suivante: que voulez-vous? Pour quel résultat travaillez-vous ?