Afrique : 40.000 enfants travaillent encore dans des mines pour les voitures électriques (VIDEO)

Le 9 juillet dernier, Vincent Courboulay de l’Institut du numérique responsable (INR) nous alertait sur une situation qui ne peut laisser indifférent. En effet, il mettait en lumière le scandale des enfants exploités, travaillant dans des mines pour extraire le cobalt, cette matière première nécessaire à la confection des voitures électriques partout sur la planète et notamment en occident. Aujourd’hui, 40 000 enfants travaillent toujours dans les mines pour les batteries des véhicules électriques, rien qu’en République Démocratique du Congo (RDC).

Vincent Courboulay explique : “L’ONU a récemment publié un rapport concernant la production des batteries pour véhicules électriques. Un chapitre sur les challenges relevant de l’exploitation du cobalt, ses enjeux sociaux et environnementaux, interpelle à plus d’un titre“. Et il poursuit : “Classé « rouge vif » par le World Materials Forum en raison d’un risque de rupture d’approvisionnement et de son importance pour l’industrie – notamment automobile -, le cobalt est devenu un enjeu stratégique majeur“.

Reportage de l’UNICEF sur le travail des mines en RDC – DR

Conditions sociales et environnementales désastreuses

Cette production est critique les conditions sociales des enfants (et du reste de la population travaillant dans ces mines) et environnementales dans lesquelles elle se déroule.

Le rapport de l’ONU, écrit Vincent Courboulay, “indique par exemple, que la majeure partie du cobalt fourni sur les marchés mondiaux provient de la République démocratique du Congo, dont 20% proviennent de mines artisanales où le travail des enfants et le non respect des droits de l’homme sont nombreux (…) On estime que jusqu’à 40 000 enfants travaillent dans des conditions extrêmement dangereuses, avec un équipement de sécurité inadéquat, pour très peu d’argent dans les mines du sud du Katanga”.

L’exploitation ne diminue pas

Les chiffres sont stables, comme nous le montre Amnesty International. On peut lire dans le rapport de l’ONG que les enfants sont exposés à des risques physiques et à des violations et abus psychologiques, uniquement pour gagner un maigre revenu. nécessaire à la subsistance de leur famille. L’utilisation généralisée du travail des enfants dans l’extraction du cobalt peut avoir des implications sur l’approvisionnement mondial, car l’approvisionnement en minéraux extraits par le travail des enfants devient de plus en plus inacceptable pour les fabricants de produits dérivés de matières premières.

Plus d’enfants dans les mines d’ici 2025 ?

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) reconnaît le problème du travail des enfants dans les mines et a adopté des politiques qui encouragent la gratuité de l’enseignement primaire et interdit l’utilisation d’enfants pour des travaux dangereux. Il est prévu que d’ici 2025, le travail des enfants sera éliminé des mines.

Enfin, le rapport sensibilise également à la pollution liée à ces extractions minières. Le drainage d’acides miniers contamine notamment les rivières, et parfois même l’eau normalement propre à la consommation.

Une situation ancienne

La situation date de plusieurs décénnies. En juin 2018, l’ambassade de la RDC et du Congo Brazzaville aux Pays-Bas se désolait de cette situation (qui n’a donc toujours pas évolué depuis) : “Aujourd’hui c’est la Journée mondiale contre le travail des enfants. Le travail des enfants perpétue le cercle vicieux de la pauvreté et empêche ceux-ci d’acquérir les compétences et l’éducation nécessaires pour améliorer leur avenir. Malgré cela, le problème du travail des enfants persiste encore aujourd’hui à différents niveaux, partout à travers le monde. Beaucoup d’entre eux sont en Afrique, en particulier au Congo, où l’exploitation du cobalt par les enfants est endémique. Selon les dernières recherches de l’UNICEF, 40,000 enfants travaillent dans les mines de la RDC“.

Evaluation de la criticité par le World Materials Forum