La répression des Ouïghours prend des allures de génocide

Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la Gare Centrale de Bruxelles dimanche dernier, pour dénoncer la répression dont sont victimes les Ouïghours par les autorités chinoises.

Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, cette communauté musulmane turcophone de la région du Xinjiang, au Nord-Ouest de la Chine subit une campagne de répression intense depuis environ trois ans. Dix pour cent des membres de cette communauté serait emprisonnés. La communauté internationale commence enfin à réagir face à ce que l’on peut qualifier d’épuration ethnique. Jusqu’ici, les intérêts économiques ont toujours primé sur une dénonciation de cette situation inacceptable. Les Kazakhs, Tatars, Kirghizes, autres minorités musulmanes de la région, subissent le même sort. Un million d’entre eux se trouverait actuellement dans des camps de redressement qualifiés avec euphémisme par les autorités de “camps de rééducation”.

D’après les autorités chinoises, “iIs mettraient, en danger l’unité de la Chine et cela justifierait leur enfermement pour un lavage de cerveau en bonne et due forme de sorte à les siniser”. Ceci rappelle les pires pages noires de l’ère maoïste. Ils sont donc emprisonnés dans des camps où ils doivent faire allégeance au pouvoir chinois et être rééduqués par le travail, notamment. Ils sont astreints à du travail forcé pour divers fournisseurs de grandes marques. C’est ce que dénonçaient les manifestants ce dimanche avec une banderole “Brands of shame”, litéralement, “les marques de la honte”.

Ces marques sont accusées de travailler avec des sous-traitants qui ont parfois recours au travail forcé des Ouïgours dans le Xinjiang.

Diverses marques de renommée mondiale dans le domaine de la technologie, du textile ou de l’automobile profitent, en effet, via leurs sous-traitants et fournisseurs, du travail forcé des Ouïghours. Ils ont aussi été mis à contribution pour la production de masques de protection contre le Covid-19.

Lors du rassemblement contre le « génocide » des ouïgours à Bruxelles, les organisateurs ont fait circulé des tracts demandant aux manifestants de boycotté les multinationales afin d’arrêter l’exploitation de ces peuples, “Agis pour les Ouïgours! 1. Sensibilise ton entourage sur la problématique. 2. Signe les pétitions. 3. Boycotte et interpelle les marques qui exploitent les ouïgours. 4. Interpelle les politiciens pour qu’ils agissent. 5. Ne t’habitue jamais à ce génocide.” une pétition a circulé

Outre les camps ouverts et fermés, la région du Xinjiang est une véritable prison à ciel ouvert tant la surveillance policière y est intense : check points à tous les coins de rue, caméras de reconnaissance faciale et fichage ADN, fouille des téléphones portables en vue d’y tracer des preuves de pseudo-fanatisme. Toute démonstration publique ou privée d’appartenance religieuse et culturelle peut donner lieu à un internement. Le fait de porter le foulard, une barbe “anormale”, d’avoir des contacts à l’étranger ou d’avoir une photo relative à l’islam dans son téléphone, suffit à vous envoyer dans un camp sans procès et donc aucune possibilité de se défendre.

Ce sont les autorités qui décident quand les détenus sont suffisamment “transformés”. Ils doivent renoncer à leur langue, à leur culture. On constate d’ailleurs des destructions de sites culturels et religieux.

Cette surveillance intensive se pratique même à l’étranger. La diaspora qui compte plus d’un million de ressortissants hors de Chine subit une surveillance via les outils numériques et un réseau d’espions. Les liens avec la famille à l’étranger donnent lieu à une répression sur base de soupçons de diffusion d’opinions religieuses ou de complots d’activités terroristes. Les contacts sont donc la plupart du temps rompus par crainte des représailles quand ils sont possibles puisque le régime chinois coupe les accès à diverses applications et au réseau de télécommunication.

Plusieurs raisons pourraient expliquer pourquoi cette région est ciblée de la sorte. Les autorités craignent le “séparatisme”. Il s’agit aussi d’un territoire stratégique d’un point de vue géopolitique et de la deuxième région du pays productrice de pétrole et d’un tiers des ressources gazières. Cette région a été secouée par des émeutes à plusieurs reprises dénonçant la discrimination dont fait l’objet la population musulmane de ce territoire. Elles ont été réprimées dans la douleur. La lutte contre le terrorisme est donc une belle opportunité de damner le pion à la population sous prétexte que des membres des cette communauté seraient impliqués dans des attentats à la bombe. La répression est cependant sans commune mesure par rapport à la menace réelle.

La répression prend des allures de génocide puisque de nombreux témoignages rapportent des pratiques de stérilisation forcée des femmes oüghoures L’entrave à la naissance d’un groupe ethnique spécifique étant l’un des cinq critères définissant le génocide selon la Convention de Genève de 1948.

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Publiée par ODP news sur Dimanche 26 juillet 2020
LIVE Bruxelles : rassemblement contre le « génocide » des ouïgours en Chine