“J’étouffe”, c’étaient les derniers mots de Cédric Chouviat, lors de son interpellation par la police

Le 3 janvier 2020, à Paris, Cédric Chouviat est décédé des suites d’une arrestation par la police. Elle a été immédiatement été qualifiée de violence policière sur la toile, par nombre de gens, scandalisés. Aujourd’hui, une vidéo permet d’en savoir davantage sur les conditions de cette arrestation et les mots de Cédric Chouviat, avant son arrêt cardiaque.

Voici les minutes où tout a basculé, celles qui précèdent l’interpellation de Cédric Chouviat, filmé par une policière, grâce à une caméra corporelle. Cédric Chouviat venait de subir un contrôle routier et s’était mis à en contester la légitimité. Il avait déclaré, selon la presse française : “Vous êtes des vrais clowns”, lance le livreur tout en filmant les quatre policiers avec son portable.

Les policiers ont cru entendre une insulte… mais il n’y en a eu aucune

À cet instant, l’échange n’est pas agressif, le contrôle semble même toucher à sa fin. Toutefois, la tension monte d’un cran progressivement. Des policiers repoussent à plusieurs reprises Cédric Chouviat qui les filme de près. La policière tente de calmer le jeu et remonte même à bord de sa voiture… mais là, ses collègues ont cru entendre une insulte. C’est ce qu’ils ont déclaré après coup, également.

Cédric Chouviat a demandé à plusieurs reprises aux policiers de ne pas le toucher. Eh mais sans votre uniforme (…) vous êtes rien du tout (…) Est-ce que vous croyez vraiment que j’ai peur de vous ? Vous croyez vraiment que j’ai peur de vous mais un mec comme… qui me casse la tête je lui arrache la tête dans la rue.” Les policiers l’interrogent sur la menace proférée : “mais non, y a aucune menace si vous avez pas votre truc vous faites rien du tout, rien, mais regardez votre tête.”

Un des policiers rétorque “On ramène”, croyant avoir entendu une insulte. L’interpellation se passe très vite : elle a duré 22 secondes, montre en main. Cédric Chouviat hurle “Arrête !”, “Je m’arrête !” et puis ce cri d’agonie “J’étouffe” qu’il a répété sept fois. Ensuite, plus rien. Il ne respirait déjà plus.

L’avocat des deux policiers a tenté un ultime argument pour défendre ses clients : ils n’auraient pas entendu les derniers cris de Cédric Chouviat.

Dans un rapport d’expertise de la gendarmerie, les experts ont analysé l’enregistrement du portable de Cédric Chouviat. “Nous entendons de la part de la personne interpellée ‘Arrête’, ‘je m’arrête’ puis ‘j’étouffe’ à sept reprises.” Cédric Chouviat fait ensuite un malaise cardiaque.

Réaction à cette affaire

Edwy Plenel de Mediapart l’a rappelé lors d’un entretien télévisé ce 23 juin : “Cédric Chouviat n’a proféré aucune insulte, n’a fait aucun geste menaçant” à l’égard des quatre policiers, dont deux étaient des stagiaires, qui l’ont interpellé et causé la mort.

Une page de soutien à Cédric Chouviat existe et s’appelle Soutient pour Cédric. Elle publie l’actualité à propos de ce dossier judiciaire qui met un coup dans l’aile de plus à l’institution policière, de plus en plus critiqué pour ses méthodes.