Afrique : La pandémie du Covid connait un pic comme jamais vu, dit l’OMS

Le nombre de cas confirmés de Covid-19 a doublé sur le continent africain et ce en moins de 20 jours, à une vitesse à jamais égalée dans cette partie du monde qui fut plutôt épargnée jusqu’à récemment. L’accélération de la propagation du nouveau coronavirus en Afrique met en alerte l’Organisation mondiale de Santé (OMS) qui l’a fait savoir ce jeudi 11 juin.

L’AFP sur la base de sources officielles a réalisé un décompte. Constat : la barre des 200.000 contaminations par le nouveau coronavirus en Afrique a été franchie ce mardi 9 juin.

L’OMS tire la sonnette d’alarme pour l’Afrique

Le Docteur Matshidiso Moeti, qui est la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, a déclaré : “Il a fallu 98 jours pour atteindre la barre des 100.000 cas et 18 seulement pour franchir celle des 200.000”, lors d’une rencontre avec la presse par vidéo, au siège de l’OMS basé à Genève en Suisse. Elle a ajouté : “Même si ces cas enregistrés en Afrique représentent moins de 3% du total mondial, il est clair que la pandémie s’accélère”.

Il faut préciser, , toujours d’après le décompte de l’AFP, que ce coronavirus a infecté quasi 7,4 millions de personnes au niveau mondial. Il en a tué au minimum 416.000 depuis sa découvert et sa propoagation en Chine en décembre 2019.

Et selon ce même décompte, l’Afrique comptait à 11H00 GMT ce jeudi 11 juin, précisément 210.519 cas et 5.635 décès.

Le Docteur Matshidiso Moeti a continué : “En Afrique, la pandémie reste concentrée dans et autour des capitales, mais nous voyons de plus en plus de cas en province”. Elle affirme que le coronavirus se trouve dans la majorité des pays d’Afrique. Il serait entré par les capitales, via les vols internationaux.

Toutefois, la répartition des cas n’est pas égale : “Dix des 54 pays d’Afrique” recensent 80% des cas, et l’Afrique du Sud à elle seule 25% d’entre eux, a-t-elle précisé. “Plus de 70% des décès sont enregistrés dans seulement cinq pays: Afrique du Sud, Algérie, Nigeria, Egypte et Soudan.”

L’OMS Afrique ne pense pas qu’un nombre important de cas graves ou de décès ne soient pas comptabilisés en Afrique, selon Moeti, même s’il est possible que des cas asymptomatiques ou légers soient passés inaperçus.

L’Afrique “habituée à lutter face aux pandémies”

La relative jeunesse de la population africaine comparée à celles d’autres continents, et l’expérience acquise dans la gestion d’autres épidémies ont été citées parmi les raisons expliquant le taux de décès en Afrique, inférieur à celui d’autres continents.

Les mesures précoces dans certains pays d’Afrique ont permis de conserver des bilans bas. Toutefois, une vigilance constante reste évidemment de mise, explique par ailleurs le Docteur Moeti.

“Avant que nous ayons accès à un vaccin efficace, je crains que nous devions vivre avec une hausse constante dans la région, avec des foyers à gérer dans de nombreux pays, comme c’est le cas actuellement en Afrique du Sud, en Algérie, et au Cameroun, qui nécessitent de très fortes mesures de santé publique. Nous espérons sincèrement ne pas voir de systèmes de santé débordés”, a-t-elle fini par dire.