France : deux policiers mis en examen pour association de malfaiteurs avec un dealer

La police a déjà une réputation entachée du fait des violences policières. Là, c’est autre chose. Des fonctionnaires de police ont fourni à un trafiquant de drogue des données lui permettant de traquer une personne qu’il soupçonnait de lui avoir volé pusieurs dizaines de kilos de cannabis (marijuana).

Les arrangements illégaux entre un trafiquant de drogue et deux policiers français ont été mis à jour dans la presse par le journal Le Monde. L’un des policiers exerçait à Saint-Denis (département de la Seine-Saint-Denis), l’autre à Marseille. Ils ont été mis en examen, mi-octobre, a appris Le Monde, pour « détournement de finalité de données personnelles » mais principalement pour « association de malfaiteurs en vue de violences volontaires, d’enlèvement et de séquestration en bande organisée ».

En fournissant à leur « ami » (S.) des données tirées de fichiers de police, les deux fonctionnaires ont permis à celui-ci de traquer et de retrouver, en juin 2018 à Marseille, une personne qu’il soupçonnait de lui avoir dérobé des dizaines de kilos de cannabis trois mois auparavant en Île-de-France, non loin de Paris.

Séquestration de la victime avec complicité de la police

M., le « carotteur » (voleur de drogue supposé), avait bien cru sa dernière heure arrivée effet, il avait été enlevé, bâillonné, séquestré et frappé dans une cave d’une cité de la ville de Marseille, La victime s’était vu plaquer une arme chargée sur la tempe et avait dû respirer un bidon d’essence lui laissant croire que son corps serait brûlé. En contact avec le commanditaire, il avait finalement été libéré avec la promesse de restituer la marchandise volée. A la place, M. s’était rendu dans un commissariat pour déposer plainte et se faire soigner.

La complicité de la police a été démontrée à partir de là, de fil en aiguille, et est remontée jusqu’à la justice, d’où leur mise en examen en octobre dernier et révélée aujourd’hui par le journal Le Monde.

*La photo de couverture ne sert que d’illustration, n’est pas liée à l’affaire en question