Eric Coquerel (de LFI) : “La dissolution du CCIF ne respecte pas l’Etat de droit” en France

Le député de la France Insoumise Eric Coquerel est revenu, par écrit sur son site internet ce 3 décembre, sur le fait que “le gouvernement a, hier [le 2 décembre – ndlr], prononcé la dissolution du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF)”. Il a dans un premier temps répondu, face aux critiques qui lui ont fait savoir qu’il avait déjà signé des pétitions ou cartes blanches dans lesquelles se trouvaient aussi parmi les signataires le CCIF, que la cause lui importait en premier lieu. Il fait mention de l’appel à marcher contre l’islamophobie qui avait eu lieu le 10 novembre dernier. “Cette marche n’était pas islamiste mais antiraciste”, explique-t-il.

Mais ce n’est pas là le coeur du sujet de son texte. Non, le sujet est la dissolution du CCIF qui vient d’être prononcée par le conseil des ministres. Eric Coquerel écrit : “La question dans cette dissolution n’est donc pas de soutenir l’action du CCIF. Mais je ne peux non plus me résoudre à ce que l’Etat de droit soit malmené à son encontre. La justice ne peut pas s’appliquer qu’à nos amis les plus proches, sinon ce n’est plus la justice. On attendait de connaître les faits qui sont reprochés au CCIF pour amener à sa dissolution annoncée suite à au meurtre terroriste de Samuel Paty.”

“Aucun lien entre le CCIF et l’assassinat de Samuel Paty”

Eric Coquerel écrit : “Dans l’attendu de quatre pages délivrées par le gouvernement, je note déjà qu’il n’y a aucun lien établi entre les faits qui ont conduit, même indirectement, à l’assassinat du professeur de Conflans Sainte-Honorine. Et pour cause, puisque l’association a expliqué avoir été saisie de plaintes de parents au sujet du cours et qu’elle avait refusé de les publier, conseillant plutôt une voie conciliatrice. Si l’association n’est pas dissoute pour cela, sur quelles bases l’est-elle ?”

Ainsi, pour le député Insoumis, l’Etat de droit a été malmené par cette dissolution. Eric Coquerel poursuit son texte : “Sur le fond juridique, l’un des motifs surtout reproché tient à une supposée absence de modération des commentaires. Le Ministère de l’intérieur construit donc une nouvelle forme de responsabilité administrative totalement indirecte et par abstention. Si l’on tolère de valider ce principe, alors, demain, n’importe quelle personnalité ou groupe d’opinion (qui sont confrontés exactement aux mêmes enjeux) pourra être dissoute de la même manière.”

Stigmation des musulmans

Eric Coquerel écrit : “Comment ne pas comprendre alors que cette dissolution, prononcée avec ce type d’accusations, apparaîtra comme une stigmatisation des musulmans, dans une période post-attentat ? Il faut en effet exiger des faits juridiquement incontestables, sinon on entre dans la loi du soupçon et des suspects forcément vécue comme stigmatisante.”

Le député Insoumis conclut : “On sait que lorsqu’on tolère une injustice dans la société, elle finit toujours par nous tomber dessus. Je crois que, sur la question des violences policières, c’est justement ce qui est arrivé : d’abord les quartiers populaires, les exilés, puis les Gilets Jaunes, les manifestants. Il nous faut donc, dès maintenant, percer cette nouvelle bulle autoritaire au sein de l’Etat.”