Décès de Giscard d’Estaing : “C’était un Macron des années 70 et un acteur de la France-Afrique”

La comparaison peut sembler osée à première vue, puisque Macron, bien que sa carrière politique et son mandat présidentiel ne soient pas encore terminé, n’est pas à ce jour suspect de faits qui ont coûté la réputation et une partie de la carrière politique de Valéry Giscard d’Estaing, qui vient de décéder des suite du coronavirus. A savoir, les diamants de Bokassa, président de la République Centrafricaine qui s’était ensuite autoproclamé empereur.

Sur Facebook, un internaute s’est fendu d’un genre de CV de Valéry Giscard d’Estaing, très critique. Cet internaute, J-P M. (nous ne mettons que ses initiales), a déclaré : “On va reparler du scandale qui avait pesé lourd dans son échec face à Mitterrand en 1981 : l’affaire des diamants centrafricains. Lors de safaris privés en Centre-Afrique, de visites officielles à Bangui, le président-empereur Jean-Bedel Bokassa couvrait le Président français de cadeaux locaux : diamants, or, ébène, ivoire…”

Trois jeunes travailleurs en Afrique – DR

“Giscard, homme de la France-Afrique”

L’internaute, J-P M. poursuit : “[C’est] la France-Afrique, quoi. En 1979, le Canard Enchaîné révèlera les liens particuliers du Président français avec le tyran centrafricain. Au même moment, le régime Bokassa réprimait l’opposition par l’assassinat de masse. En janvier et avril 1979, une centaine d’écoliers étaient exécutés. On marchait sur les cadavres d’enfants dans les rues de Bangui. Giscard d’Estaing défendra Bokassa de toute implication personnelle. Faux affirme une commission d’enquête internationale sous présidence sénégalaise et ivoirienne : Bokassa est personnellement responsable de ce crime-là et des autres.”

Trois jeunes travailleurs en Afrique – DR

Pour lui : “La France finit par lâcher Bokassa qui s’est alors un peu trop rapproché de Khadafi, le leader lybien en guerre quasi ouverte avec la France au Tchad. Exit Bokassa, débarqué du pouvoir par l’opération militaire française Baracuda et remplacé depuis par une kyrielle de présidents et de généraux tous plus prédateurs les uns que les autres. L’état du pays s’est considérablement aggravé, surtout depuis 2013.”

L’internaute ajoute : “Le pays ne survit que grâce à l’aide internationale. Sur 4 millions d’habitants, 1 million de réfugiés ont échappé aux massacres de population et s’entassent à Bangui, 80% du territoire sont contrôlés par les bandes armées face à un état fantôme. Les contingents armés envoyés par l’ONU sont impuissants et englués dans des affaires de pédophilie. Et les diamants ? Et l’or ? Mais ils continuent à arriver dans les bijouteries pour la plus grande joie des cons et des connes et ce malgré l’embargo décrété par le Processus international de Kimberley. La Centrafrique produit toujours 365.000 carats par an, 4e producteur mondial, la moitié via des circuits clandestins.”

Un diamant – DR

J-P M. se désole par ailleurs que la France-Afrique se poursuit aujourd’hui sous d’autres formes. Avec ce rappel historique, qui est certes politiquement positionné, l’hommage à Giscard d’Estaing par Macron ne satisfera pas tout le monde dans l’hexagone.