Paris : la préfecture de police aurait couvert une violence policière armée sur des jeunes (VIDEO)

Les faits ont eu lieu le 30 avril 2019 mais les images ont été dévoilées en ce début décembre. On y voit une voiture s’arrêter à un feu rouge. Alors qu’il ne se passe rien de spécial, trois voitures banalisées ont surgi comme de nulle part. L’une s’est positionnée à l’avant, une autre sur le côté, et la troisième à l’arrière. Paul, conducteur de la voiture qui s’était retrouvée coincée, a alors vu les policiers (dont il ne savait rien car il n’avait aucun signe distinctifs, ni brassards, ni gyrophares, ni d’autres indicateurs visibles) qu’ils pensaient être des agresseurs en bande.

Un policier lui tire dessus à deux reprises et une balle passe à proximité de la tête du conducteur, prénommé Paul. La police a déclaré qu’elle “soupçonnait qu’il y ait eu un vol de sac à main de la part des personnes dans ce véhicule”. Or, aucun élément n’a été fourni pour prouver qu’il y ait eu des indices pour que ces derniers soient suspectés d’un tel délit.

Il y avait six jeunes dans cette voiture.

Débat sur les violences policières à Mediapart (dont la nouvelle affaire dévoilée de violences policières qui date d’avril 2019 : voir vidéo à 11min05) – Mediapart (copyright)

La préfecture a menti pour couvrir les policiers, en disant qu’il y avait eu “légitime défense”. Ce qui est faux, comme les vidéos l’ont démontré. Cela rappelle la nécessité de pouvoir filmer les policiers.

La victime accusée d’avoir attenté à la vie de policiers

Les policiers n’en sont pas restés là. Au-delà de cette violence policière et de ce coup de feu en direction de la tête de Paul, le conducteur, ces policiers ont déposé plainte contre lui. La raison ? Il a fait une marche arrière dans la panique (voyant tout ce déploiement de gens armés, dont rien n’indiquait que c’était la police et qu’il prenait pour des braqueurs ou des voyous). Il a percuté la voiture banalisée de la police, comme on le voit sur ses images.

Le policier qui a tiré et qui se trouvait, comme on le voit dans la vidéo, à plusieurs mètres de la voiture de la victime et de ceux qui l’accompagnaient, a déclaré avoir eu mal à l’épaule suite à l’intervention… mais a décliné l’examen médical. En fait, il s’agissait là aussi d’un mensonge de la part de la police.

Par ailleurs, le policier qui a tiré deux fois, lui, n’a toujours pas été suspendu à ce jour.

Lors du procès verbal de la police, il y aura eu des contre-vérités qui ont été réduites à néant au vu des images. Cette vidéo qu’a dévoilé Mediapart arrive alors que l’Etat français et le gouvernement (surtout le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin) est dans une situation délicate car il a été forcé de reconnaitre que les violences policières existent. Avant cela, cela était nié avec force.

Heureusement, la justice l’a innocenté et relaxé le 4 novembre dernier. Toutefois, l’homme reste très affecté encore aujourd’hui de ce qui lui est arrivé ce jour-là. Paul a du arrêter ses études suite à cet événement tragique qui l’a bouleversé.

Interview d’Edwy Plenel (Mediapart) ce 30 novembre sur une nouvelle affaire de violences policières – DR (BFM TV)

*La photo de couverture est une capture d’écran de la vidéo dévoilée par Mediapart – Mediapart copyright