Sarkozy risque 10 ans de prison et 1 million d’euros d’amende pour l’affaire Bismuth (VIDEO)

Hier, ce 30 novembre, Nicolas Sarkozy s’est rendu au procès dans le cadre de l’affaire Bismuth. Cette affaire est une affaire des écoutes téléphoniques.

En deux mots, comme ODP news l’avait détaillé dans un précédent article, l’affaire Paul Bismuth est en fait une affaire qui concerne l’ex-président de la République française Nicolas Sarkozy. Dès fin 2013, les magistrats se sont mis à écouter les conversations de l’ancien chef de l’état sur la ligne officielle. Puis, quelques mois plus tard, ils en écoutent une autre, plus “confidentielle” puisqu’elle a été ouverte sous un faux nom :  c’est la fameuse ligne Paul Bismuth, en réalité le patronyme d’un ancien camarade de classe de Thierry Herzog. Dans le jargon policier, on appelle ça un TOC, pour “téléphone occulte”. Nicolas Sarkozy et son conseil échangent sur cette ligne TOC discète des renseignements qu’ils cherchent à obtenir sur la décision que doit rendre la cour de cassation au sujet de la restitution des agendas de l’ancien président de la République, saisis par la justice dans l’affaire Bettencourt.  Dans ces conversations, il est question d’un haut magistrat de la cour de cassation, Gilbert Azibert, ami de longue date de Thierry Herzog, qui pourrait les aider. Et un peu plus tard, toujours sur les écoutes, du petit coup de pouce que Nicolas Sarkozy pourrait lui rendre en échange pour l’obtention d’un poste de conseiller d’état à Monaco.

10 ans de prison et 1 million d’euros d’amende

Nicolas Sarkozy risque gros dans l’affaire Bismuth. C’est d’ailleurs, la première fois qu’un ex-président de la République Française se voit traduit devant la justice pour ce genre de faits de corruption (à l’égard d’un fonctionnaire de la justice, le magistrat Azibert). Lors de cette journée de procès (qui avait été reportée), Nicolas Sarkozy s’est montré véhément dans ces propos, comme l’a fait savoir France24, contrairement aux deux autres prévenus MM. Herzog et Azibert.

Nicolas Sarkozy semble entreprendre une nouvelle stratégie : attaquer de plein fouet l’institution judiciaire en essayant de jeter le discrédit, selon, là, Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart, à qui l’on doit nombre d’éléments sur cette affaire comme sur d’autres concernant l’ancien président français. Fabrice Arfi s’est d’ailleurs étonné de voir un comportement comme celui de Nicolas Sarkozy face à la justice. Fabrice Arfi a déclaré en substance sur France Culture : “Il est surprenant qu’un homme qui se faisait le chantre et le défenseur de l’autorité soit quand il est accusé si mordant face à une institution, la justice”.

Reportage de France24 sur le procès de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bismuth (30 novembre 2020) – France24 copyright
Le journaliste de Médiapart, Fabrice Arfi, interviewé à France Culture, au sujet de l’affaire Bismuth et du procès de Nicolas Sarkozy dans celle-ci – France Culture (copyright)