Ouïghours : une témoin ayant subi la torture de l’Etat chinois explique son vécu (VIDEO)

Sur le plateau télé du média français d’investigation Mediapart, sur lequel il reçoit ses invités d’habitude, était ce 24 novembre, interviewée une invitée un peu particulière. Il s’agit d’une femme de la communauté des Ouïghours qui sont persécutés par le pouvoir central chinois. Cette communauté est de confession musulmane et vit principalement dans la région du Xinjiang, à l’ouest de la Chine.

Le tableau est morbide. La témoin explique à Mediapart que les Ouighours arrêtés sont parfois enfermés dans des petites pièces exiguës dans lesquelles, “les femmes doivent rester debout, et sont enchaînées (dont la femme qui parle) avec des chaînes de 5 kilos aux pieds”. De plus, elle ajoute : “Une des mains est enchaînées à cette chaîne des pieds ce qui fait qu’on ne peut pas rester totalement debout”.

Un an trois mois et dix jours enchaînée

Dans la pièce qu’elle décrit, les vingt femmes qui étaient prisonnières n’avaient ni lit ni coussin, ni même de couverture pour se réchauffer. Elles devaient se contenter du sol froid. “Je suis restée enchaînée comme ça pendant un an, trois mois et dix jours”. Pendant tout ce temps, ajoute-t-elle : “des ordres sont donnés par hauts-parleurs, et il est interdit de parler en ouïghour mais uniquement en chinois mandarin, et des chants à la gloire du parti doivent être chantés régulièrement”.

En plus, “des médicaments dont les prisonniers et prisonnières ne connaissent rien sont administrés de force aux Ouïghours une fois par semaine”, poursuit-elle, “et depuis que j’ai pris ces médicaments, mes règles se sont arrêtées”.

Un témoignage qui fait froid dans le dos. En Belgique, des Ouïghours avaient alerté la société belge au sujet de leur condition. Des critiques avaient d’ailleurs été faites au Parti du Travail de Belgique (PTB) sur sa tolérance vis-à-vis du pouvoir chinois “qu’il fallait aussi écouter”, bien qu’il soit le coupable dans cette histoire.

Entretien de Mediapart – DR

*Photo de couverture – crédits Mediapart