France : la 5G peut émettre à partir de maintenant mais cela suscite des critiques (VIDEO)

Les opérateurs français ont l’autorisation d’émettre en 5G, à partir de ce mercredi 18 novembre. Il faudra encore patienter pour tester cette nouvelle technologie. Pour Macron, la 5G était une façon de “ne pas tomber dans le modèle Amish”. Il avait caricaturé ses opposants pour les discréditer. Une technique bien connue en politique, pour contourner le débat de fond. Mais des scientifiques, plus compétents que lui, ont alerté des dangers de la 5G, comme Aurélien Barrau, astrophysicien.

Dès aujourd’hui 18 novembre, les opérateurs téléphoniques sont autorisés à émettre sur les fréquences 5G sur la totalité du territoire, à partir de ce mercredi 18 novembre. Un feu vert, accordé par l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) qui n’est pas synonyme de démarrage en trombe. Pour utiliser cette nouvelle technologie, il faudra en effet encore attendre quelques semaines. 

A ce jour, uniquement Orange et Bouygues et Bouygues Télécom proposent déjà des forfaits compatibles, mais leurs clients ne verront pas le logo 5G apparaître sur leur smartphone ce mercredi, selon les entreprises contactées par la rédaction du HuffPost.

“Cette date du 18 novembre est une date administrative”, précise-t-on chez Orange. L’entrée en vigueur de cette autorisation d’émettre n’est qu’une première étape dans le déploiement de cette nouvelle technologie qui a coûté 2,789 milliards d’euros aux opérateurs téléphoniques.

Les entreprises de télécommunication doivent aussi demander une autorisation auprès de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), puis déposer des DIM, pour Dossier d’Information Mairie, s’ils veulent installer de nouvelles antennes. 

La 5G suscite une grande opposition

ODP news avait déjà détaillé l’opposition d’une partie du monde scientifique par rapport à la 5G, notamment l’astrophysicien et militant écologiste Aurélien Barrau, qui se montre en défaveur de l’application de cette onde qu’il dit nuisible.

Caroline Chaix, la directrice de la communication de Bouygues Télécom le reconnait (bien que pour elle ce soit dommage) : “Le déploiement de la 5G risque d’être compliqué”. La route est encore longue. La 5G a suscité une forte opposition politique et populaire ces dernières semaines et a donné lieu à des déclarations-chocs. Le 14 septembre, dans un discours devant des innovateurs, Emmanuel Macron a comparé les anti-5G à des Amish, une communauté religieuse se tenant à l’écart du progrès. Dans un autre registre, le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle se moquait il y a quelques mois des avantages éventuels de cette technologie. 

Caroline Chaix pointe du doigt ces “réticences” au niveau local, chez certains maires notamment. Pour apaiser les choses, le gouvernement a demandé aux fournisseurs d’accès de déposer systématique le “dossier d’information mairie”. Ce n’était pas obligatoire lorsque de simples modifications sur des antennes préexistantes suffisaient pour émettre en 5G. 

“On invite les opérateurs à être dans le dialogue avec les élus locaux, et s’il y a des concertations organisées par les municipalités, à s’y inscrire”, avait plaidé Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, à l’issue des enchères pour obtenir les fréquences de la 5G, rappelle l’AFP. “On espère qu’elles seront l’affaire de quelques semaines plutôt que de quelques mois”, avait-il exprimé. 

8.000 pylônes 5G construits en 2024

Des abonnés de Bouygues et d’Orange auront accès à la 5G dans une dizaine voire une vingtaine de jours, assure-t-on chez les deux opérateurs. Encore faut-il être muni d’un téléphone compatible et bénéficier d’une couverture adéquate. Dans un premier temps, seuls les résidents de Paris, Marseille, Lille, Nantes, Montpellier, Lyon, Toulouse, Bordeaux et Rouen capteront la 5G. La technologie a été testée dans ces agglomérations. Elles sont donc déjà équipées. 

Qu’en est-il pour le reste du grand public ? Sylvain Chevallier, associé en charge des télécoms au sein du cabinet BearingPoint se lance dans un pronostic. “Dans un an, ce sera plus Monsieur et Madame Tout-le-Monde, quand il y aura un réseau qui sera déployé au niveau national“, veut-il croire dans une déclaration à l’AFP. 

D’après les obligations de déploiement fixées par l’Arcep, chaque opérateur devra implanter 3000 nouveaux pylônes d’ici à 2022, puis atteindre 8000 en 2024 et enfin 10.500 en 2025. Les habitants des petites communes isolées en France ne verront donc pas de si tôt ce petit logo qui fait tant parler.

Toutefois la 5G ne devrait pas être forcément synonyme d’abandon des autres infrastructures. Les laissés pour compte du tout-internet, ceux qui habitent en zone blanche, devraient progressivement obtenir le déploiement du prédécesseur de la 5G. Un accord conclu en 2018 par l’ARCEP oblige les opérateurs à équiper en 4G 75% de leurs infrastructures mobiles situées dans ces zones à partir du 31 décembre.