France : les Jeux Olympiques de Paris 2024 menacent un quartier populaire déjà pollué

En France, comme nous l’apprend le journal Mediapart : “La justice administrative vient de valider la construction d’un échangeur autoroutier à proximité d’un groupe scolaire de 700 élèves, dans un quartier populaire déjà très pollué et envahi par les voitures, à Saint-Denis, au nord de Paris. Deux bretelles d’insertion et de sortie de l’A86 doivent être érigées à proximité du carrefour Pleyel d’ici à fin 2023, s’ajoutant aux deux existantes. Une troisième doit être transformée en voie à double sens“.

Les enfants, premières victimes de l’air pollué

L’Unicef est très clair à ce sujet par ailleurs : “Les enfants sont les premiers touchés par la pollution automobile, compte tenu de l’immaturité de leur organisme et de la fréquence à laquelle ils respirent“.

En réalité, comme le souligne le journal Mediapart : “Le quartier Pleyel est un coin hybride de Seine-Saint-Denis, composé de bureaux, d’une immense tour en ruines, d’une résidence étudiante flambant neuve, de vieux immeubles en briques, d’appartements en construction avec vue sur le Sacré-Cœur, de bars-PMU, de logements sociaux et d’anciennes maisons ouvrières. Là déboulent tous les jours des milliers de véhicules après avoir franchi la Porte de Clignancourt, vers la périphérie de Paris via la Francilienne ou vers le nord, en roulant sur l’A1. Intervention du collectif Pleyel à venir lors de l’enquête publique, en juin 2019″. Cela en dit long.

En outre, vivent également dans ce quartier un peu moins de 10 000 personnes, souvent plus jeunes et plus diplômées que la moyenne générale du département, notamment des jeunes parents.

Ce territoire, en frontière de Saint-Ouen et de L’Île-Saint-Denis, grand et peu densément peuplé, qui a été choisi pour accueillir le futur Village des athlètes pour les Jeux olympiques de 2024 et une piscine de compétition, le « CAO ». L’une des principales gares du futur métro Grand-Paris-Express y est programmée, reliant toutes les lignes en construction. Un quartier de bureaux et d’hôtels (« les Lumières de Pleyel ») doit y voir le jour, ainsi qu’un « franchissement » routier au-dessus du filet de voies ferrées venues de la gare du Nord (à Paris).

Un endroit de flux, fracturé par les voies urbaines, saturé de pollution atmosphérique et sonore, mais aussi un milieu de vie en pleine expansion. C’est ce paradoxe qui est en train d’exploser en une affaire d’injustice environnementale aux portes de Paris, comme le souligne Mediapart avec les documents apporté par sa rédaction et mis en ligne.