Une militante de la France Insoumise reçoit 135 euros d’amende car elle portait un autocollant LFI (VIDEO)

Ce samedi 12 septembre, Cassandra Serrier, une militante insoumise, a écopé de 135 euros d’amende pour “manifestation interdite”. La raison à cela ? Elle portait un sticker du parti et s’en allait rejoindre un rassemblement de gilets jaunes. Les responsables du parti ont dénoncé cet abus policier sur Twitter. Cassandra Serrier de son côté a posté une vidéo sur Twitter qui a beaucoup été partagée sur la plateforme.

Cassandra Serrier est donc une militante de La France insoumise. Dans une vidéo postée sur Twitter, elle s’indigne d’avoir été verbalisée à tort pour participation à une manifestation interdite. Samedi 12 septembre, en sortant de la station de métro Invalides (Paris, France), la jeune femme désire emprunter la rue de l’Université qui longe l’Assemblée nationale pour se rendre à la station de métro du même nom, accompagnée de deux amis. C’est là que des policiers CRS l’ont prise à parti et l’ont verbalisée. Elle a déploré cela : «Aujourd’hui, en France, on marche dans la rue pour se rendre à une manifestation, on a la possibilité de perdre 135 euros», dans la vidéo relayée par plusieurs représentants de La France insoumise, comme Clémentine Autain ou Eric Coquerel.

Tout ça pour un autocollant sur son t-shirt

«On se rendait à la manifestation place Saint-Pierre, je portais un autocollant de La France insoumise avec ma veste par-dessus et à l’intérieur de mon sac, j’ai un gilet jaune que je ne portais pas», explique Cassandra dans la vidéo. Peu avant 13 heures, le petit groupe est contrôlé par des CRS. «Ils nous fouillent, ils étaient très sympas. Le sticker et le gilet jaune que j’avais dans le sac ne leur ont absolument pas posé de problème. Ils nous demandent simplement de patienter, car ils doivent demander à leur chef si on peut prendre la rue de l’Université», détaille-t-elle à CheckNews. Après vingt minutes d’attente, Cassandra explique qu’«un monsieur arrive et [lui] dit que c’est 135 euros d’amende pour participation à une manifestation interdite».

Pourquoi ? D’après les explications apportées par le brigadier à Cassandra, la contravention se justifie parce que Cassandra portait un autocollant de La France insoumise, prouvant selon l’agent qu’elle était en train de manifester. «Il me dit que j’ai un sticker de La France insoumise qui n’est pas dissimulé, alors que nous sommes dans une zone interdite de manifestation. “C’est un signe politique distinctif, vous êtes en train de manifester toute seule”, en gros», rapporte la militante.

“Là, je ne manifeste pas !” a dit Cassandra Serrier : le CRS n’en a eu que faire

Malgré les protestations de la jeune femme qui répète qu’elle n’était pas en train de manifester, le brigadier dresse la contravention. «Il m’a présenté une tablette pour signer. J’ai demandé s’ils allaient m’embarquer si je ne signais pas. Je ne savais pas ce que c’était. Il m’a demandé si je reconnaissais les faits. J’ai répondu que non. Je n’ai donc pas signé. Il m’a dit alors dit que je recevrai l’amende chez moi», explique Cassandra. Un instant inquiétés, ses deux amis n’ont finalement pas été sanctionnés, car «ils n’avaient pas de stickers».

Contactée, la préfecture indique que «toute personne verbalisée peut contester le procès-verbal devant les instances compétentes», sans répondre sur le cas de Cassandra précisément. En tout, 137 verbalisations pour rassemblement dans un périmètre interdit ont été effectuées samedi.

Ce cas de figure n’a rien d’une première. En mars 2019, deux gilets jaunes avaient par exemple été verbalisés pour avoir porté des pulls favorables au référendum d’initiative populaire dans un secteur de Paris où la manifestation était interdite, comme nous le racontions dans une réponse précédente. Les policiers avaient estimé que les vêtements en question étaient des «éléments attestant que le contrevenant est un manifestant».

La police (et notamment les CRS mais pas uniquement) sont-ils pris dans une spirale autoritaire ? La question se pose.