146 féminicides en France : le nombre de femmes tuées a augmenté de 2018 à 2019

Ce sont les chiffres révélés par le ministère de l’Intérieur. L’enquête de la délégation aux victimes, rendue publique ce lundi 17 août. Elle avance le chiffre de 146 femmes tuées par leur compagnon ou ex-conjoint l’année dernière. Ce chiffre ne mentionne que les faits identifiés comme tels. Pour des associations de défense du droit des femmes, il est probablement en-deçà de la réalité.

Le chiffre est conséquent et interpellant : cent quarante-six femmes ont été tuées en 2019 par leur conjoint ou ex-compagnon. Le journal Le Monde nous apprend que cela fait 25 de plus que l’année précédente, selon des chiffres de l’enquête de la délégation aux victimes, rendue publique, lundi 17 août, par le ministère de l’Intérieur.

En comparaison à cela : vingt-sept hommes ont également été tués au sein du couple. Un chiffre à noter également bien qu’il soit bien moindre que celui des femmes.

Au total, cela fait 173 décès au total (+ 16 % par rapport à l’année 2018). Cela représente environ un décès tous les deux jours. D’après l’étude, la majorité (76 %) des homicides a lieu au domicile du couple, de la victime ou de l’auteur. Parmi ceux-ci, 31 % sont motivés par une dispute et 20 % par une séparation non acceptée. Les chiffres fournis par le ministère indiquent que 36 % des homicides ont été commis par arme blanche et 24 % par arme à feu. Le journal Le Monde indique ainsi que “la victime est en général une femme, de nationalité française, âgée de 30 à 49 ans ou de plus de 70 ans et qui n’exerce pas ou plus d’activité professionnelle“.

Photo de Didier Tiriau.
Photo illustrant les violences conjugales – Facebook (postée par Didier Tiriau) D.

46 féminicides déjà en 2020 en France

Le collectif Féminicides par compagnons ou ex a recensé 152 cas en 2019. Sur cette base, l’Agence France-Presse (AFP) a opéré des vérifications pendant toute l’année 2019 auprès des services de police et de gendarmerie, des magistrats, avocats, maires ou des proches des auteurs et des victimes. Au total, l’AFP a décompté au moins 126 cas l’année dernière. Dans une dizaine de cas supplémentaires, les enquêtes n’ont pas permis de démontrer qu’il s’agissait bien de féminicides. Depuis janvier 2020, au moins 46 féminicides présumés ont été recensés, selon un décompte de l’AFP.

L Monde écrit aussi que “après le Grenelle, le Parlement a adopté définitivement, fin juillet, une proposition de loi destinée à mieux « protéger les victimes de violences conjugales ». Ce texte, qui introduit notamment une exception au secret médical en cas de « danger immédiat », constitue le deuxième volet législatif en quelques mois d’un arsenal qui se veut offensif contre les violences au sein des familles. Une première série de mesures avait déjà été adoptée fin 2019, dont la généralisation du bracelet antirapprochement contre les conjoints et ex-conjoints violents, qui devrait être mise en place en septembre“.

Ce Grenelle suffira-t-il à endiguer le phénomène meurtrier structurel ? Certains et surtout certaines en doutent.