500 tonnes de déchets de Belgique déversés dans la campagne en France

Au début du printemps dernier, des centaines de tonnes de déchets, en provenance de Belgique, ont été déversées illégalement dans la campagne de la Meurthe-et-Moselle en France. C’est ce qu’a révélé dans une de ses enquêtes, L’œil du 20 heures de la chaine France 2, diffusé pendant le journal télévisé du soir du 24 juin.

Il y était question d’un trafic international de déchets entre la France et la Belgique. Cela date d’avant le confinement et la crise sanitaire dûe à l’épidémie du coronavirus. Dans le département de la Meurthe-et-Moselle (France), un certain nombre de villages ont été le théâtre de déversement par tonnes de déchets ménagers et de gravats. “Au total, 500 tonnes à Haucourt Moulaine, 200 à Rédange, et 80 tonnes à Hayange”, revèle France 2. 

Le parquet de Lille, en charge du dossier, a ouvert une enquête pour escroquerie en bande organisée et association de malfaiteurs.

Des habitants enquêteurs

Toutefois, par ailleurs, à Rédange (Moselle), les habitants ont mené leur propre enquête et ont découvert que les ordures provenaient de Belgique. De la région “d’Anvers, de Brecht”, déclare une riveraine à la chaîne de télévision France 2. Il s’agirait de “camions de la société de transport Jost, immatriculés en Belgique, qui sont venus verser les poubelles dans la commune” est-il ajouté.

Interrogée par France 2, la société Jost reconnaît avoir transporté et versé les déchets aux endroits indiqués. Néanmoins, l’entreprise s’est dit être “victime au même titre que les communes qui ont été touchées”, et a déposé une plainte au tribunal de l’entreprise de Bruxelles.

Des livraisons avec des faux bons vers des centres de tri

L’entreprise Jost semble n’y être pour rien. Les ordures proviennent d’une des plus grande déchetterie de Belgique, qui pensait envoyer des cargaisons de poubelles dans un centre de tri en France. Le gérant a payé “108 euros la tonne”, dit-il à France 2, pour le recyclage de ces déchets qu’il n’a pu traiter à l’endroit-même.

Entre alors en jeu l’intermédiaire, Johnny Demeter. Payé par la déchetterie pour récupérer les ordures, Son rôle était de les transmettre à des transporteurs pour qu’ils les déposent dans des centres de tri français Eco Déchets, au vu des bons de livraison trouvés par la chaine française. Toutefois, l’entreprise est catégorique, ces documents sont des faux. Il s’agit d’une “usurpation d’identité” fulmine le directeur des centres, qui menace de porter plainte. Johnny Demeter a démenti avoir falsifié les bons de livraison et déclare être victime d’un autre acteur dont il ne veut pas donner l’identité. L’enquête est en cours pour faire la clarté sur cette affaire dont l’impact écologique est, lui, bien établi.

*La photo de déchets ne montre pas les déversements en Meurthe-et-Moselle et sert uniquement d’illustration