Le CAC40 accueille Teleperformance, entreprise d’appels poursuivie pour maltraitance de son personnel

Ce lundi 22 juin, le leader des centres d’appels au niveau planétaire, Teleperformance, a intégré le CAC 40, structure qui regroupe en son sein les plus grosses entreprises, en termes de profit. Une plainte a été déposée par la fédération syndicale mondiale UNI Global Union contre l’entreprise auprès de l’OCDE pour dénoncer les violations des droits des travailleurs pendant la pandémie. En France Teleperformance a fait l’objet d’une mise en demeure de l’inspection du travail.

Peu connue du grand public, la multinationale française est le leader mondial des centres d’appels, avec plus de 300 000 employés dans 80 pays différents. Mais cette réussite économique a un lourd revers social.

Plainte contre l’entreprise Teleperformance

UNI Global Union a noté à l’encontre de l’entreprise de centres d’appels Teleperformance : des conditions “inhumaines” aux Philippines, un manque de protection des employés portugais et une présomption de représailles contre des militants de la sécurité en Colombie

Dans une plainte déposée en avril auprès du gouvernement français, une coalition de syndicats demande une intervention immédiate pour mettre fin aux violations du droit des travailleurs à bénéficier d’un lieu de travail sûr chez Teleperformance, le géant de l’externalisation basé à Paris, qui travaille pour des clients comme Apple, Amazon et Google. C’est ce qu’on a pu lire sur le site internet d’UNI Global Union.

UNI Global Union
Syndicat qui a déposé plainte contre l’entreprise Teleperformance – DR

“La plainte, transmise au point de contact national français de l’OCDE à Paris, est la toute première déposée au titre des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, faisant valoir des violations des droits des travailleurs causées par la crise du Covid-19”, est-il écrit. Et d’ajouter : “Elle fait état de conditions insalubres et choquantes, comme le fait que des centaines de travailleurs aient dû dormir sur les sols surpeuplés des centres d’appels et que de nombreux employés aient partagé des équipements tels que des casques d’écoute pendant la crise du coronavirus. La plainte dénonce également des représailles contre les travailleurs qui se sont syndiqués pour obtenir des protections personnelles de base ainsi que des licenciements de dirigeants syndicaux.”

Le retour de Teleperformance n’a pas plu à Christy Hoffman, Secrétaire générale d’UNI Global Union qui a déclaré : « La réponse inadéquate et lente de Teleperformance à la crise du coronavirus a mis en danger des milliers de travailleurs en période de pandémie mortelle (…)Ces problèmes généralisés montrent un mépris des droits fondamentaux des travailleurs, dont leur santé et leur sécurité, de la part de l’ensemble de la direction mondiale de l’entreprise. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement français d’intervenir et de contribuer à la mise en place de solutions urgentes dans le cadre des Principes directeurs de l’OCDE ».