Covid-19: Amnesty demande à l’Etat d’Israël de fournir des vaccins aux Palestiniens

Amnesty International, ONG de défense des droits humains à travers le monde, a appelé ce mercredi 6 janvier Israël, et son gouvernement, à fournir des vaccins contre le Covid-19 aux Palestiniens en Cisjordanie occupée mais aussi à Gaza. L’ONG rappelle que l’État hébreu y est obligé par le droit international. Ce n’est pas la première fois qu’Israël contourne le droit international par ailleurs.

L’Autorité palestinienne en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 (et même avant) où vivent 2,8 millions de Palestiniens, n’a pas officiellement et de façon publique demandé d’assistance à Israël pour la fourniture de vaccins contre le coronavirus, dont elle est aussi victime. Et il est peu probable que les islamistes du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza qui abrite 2 millions de Palestiniens, se mettent officiellement en relation avec l’État hébreu sur le dossier. Les deux parties se sont livré trois guerres depuis 2008.

Toutefois, Amnesty a appelé Israël à «arrêter d’ignorer ses obligations internationales en tant que puissance occupante et à agir immédiatement pour s’assurer que des vaccins anticoronavirus soient fournis de manière équitable aux Palestiniens vivant sous occupation en Cisjordanie et dans la bande de Gaza» sous blocus israélien depuis plus de dix ans, a minima.

Un million de personnes vaccinées, même plus

Ce lundi 4 janvier, le ministère de la Santé palestinien a dit attendre une première livraison de vaccins destinés à la Cisjordanie et à Gaza en février grâce au dispositif d’accès Covax, mis en place par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce dispositif a pour but de venir en aide aux pays les plus pauvres. L’Autorité palestinienne a aussi annoncé être en contact avec d’autres fournisseurs de vaccins mais le ministère de la Santé a indiqué que la Cisjordanie ne disposait pas d’infrastructures pour stocker les doses Pfizer-BioNTech, qui doivent être conservées à très basse température.

L’Etat d’Israël a commencé le 19 décembre à vacciner (soit presque deux mois avant, quand même) à un rythme rapide sa population mais aussi les colons israéliens en Cisjordanie, en commençant par le personnel soignant et les personnes âgées, plus d’un million de personnes, sur une population totale de près de 9 millions, ayant reçu la première dose à ce jour.

Benyamin Netanyahoue, Premier ministre israélien, a dit samedi 2 janvier qu’il espérait voir 2,25 millions d’Israéliens vaccinés (deux doses nécessaires) en un mois, soit un quart de la population. L’État hébreu a enregistré plus de 451.000 cas de Covid-19, dont plus de 3.400 décès. En Cisjordanie, 100.000 cas, dont 1.100 décès, ont été recensés tandis qu’à Gaza, les contaminations s’élèvent à plus de 43.000 dont 404 morts. Le Premier ministre est connu pour être radical dans ses positions à l’encontre des palestiniens dans les territoires que l’Etat qu’il gère actuellement occupe depuis des années. Il semble les avoir relayé au second rang, cette fois-ci encore. Mais le virus n’a pas de frontière, et la population israëlienne pourrait être victime de la non-vaccination des palestiniens.