Covid : selon un rapport, 60% des pays ont pris des mesures inquiétantes pour la démocratie

Avec l’épidémie du Covid-19, plus de six pays sur dix (donc 60%) du monde entier ont décidé de prendre des mesures critiquables au niveau des droits humains ou des règles démocratiques. C’est du moins ce que révèle un rapport publié par l’ONG International IDEA, ce mercredi 9 décembre. Un chiffre qui en dit long et qui ne rassure pas.

D’après l’étude en question, qui s’est penchée sur la quasi totalité des pays de la planète, le résultat est que 61% d’entre eux ont pris au moins des mesures considérées comme “illégales, disproportionnées, sans limite de temps ou non nécessaires” dans au moins un domaine relatif aux libertés démocratiques et individuelles.

Pour les régimes considérés démocratiques, le chiffre s’élève à 43% tandis qu’il tourne autour des 90% pour les régimes autoritaires (toujours selon l’ONG IDEA basée à Stockholm qui est spécialisée dans l’état de la démocratie dans le monde).

L’ONG n’est pas surprise pour ce qui est des régimes déclarés autoritaires par la communauté internationale. Toutefois, le secrétaire général de l’ONG, Kevin Casas-Zamora explique : “Ce qui est plus surprenant est que tant de démocraties aient pris des mesures qui sont problématiques“. C’est ce qu’il affirme à l’AFP.

L’inde tient le haut du classement

Un exemple frappant est l’Inde. Ce pays est considéré comme étant une démocratie. Néanmoins, c’est cet Etat qui ressort en tête du classement mondial, avec des mesures jugées “inquiétantes” dans 9 des 22 domaines analysés (liberté de mouvement, d’expression, de la presse mais bien d’autres domaines encore). Elle arrive devant l’Algérie et le Bangladesh.

Derrière l’Inde, il y a la Chine, l’Égypte, la Malaisie et Cuba. La première nation européenne est la Russie, avec six domaines d’inquiétude. Elle est au même niveau que l’Arabie Saoudite, la Birmanie, la Jordanie, le Zimbabwe ou encore le Sri Lanka.

L’ONG IDEA a passé au crible les différentes mesures prises à travers le monde pour déterminer si elles posaient problème ou non, d’un point de vue démocratique et sans prendre en compte l’efficacité sanitaire. Cette dernière question n’est pas l’objet de son étude.

La Belgique et la France ne figurent pas dans le classement

Dans l’Union européenne, cinq pays sont repris dans ce classement : la Bulgarie (3 domaines d’inquiétude démocratique), la Hongrie (2) ainsi que la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie (1).

Les Etats-Unis sont épinglés – dans deux domaines. Israël (dans 5 domaines) et l’Argentine (2) posent des questions sur leur gestion non-démocratique de la crise du covid.

Kevin Casas-Zamora cite plusieurs types de mises à mal des règles démocratiques dans ces pays : Restrictions à la liberté de la presse au nom de la lutte contre la désinformation, usage excessif de la force (déploiement de militaires pour appliquer les règles, camps d’internement de personnes malades…), corruption dans les contrats d’approvisionnement en urgence ou encore mise en cause des migrants comme responsables de l’épidémie figurent parmi les inquiétudes les plus fréquentes.

La Belgique et la France (malgré les violences policières qui font rage dans ce pays et qui ont augmenté ces dernières semaines, au moins de façon médiatique, au point de faire sortir Emmanuel Macron du silence sur ce sujet, bien qu’il n’ait rien fait dans les faits), ne semble pas avoir alerté l’ONG IDEA.

Pays déclarés “modèles”

L’étude d’IDEA cite aussi des pays comme modèles, cumulant bons résultats sanitaires et respect des règles démocratiques.

Parmi eux, il y a l’Islande, la Finlande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Corée du Sud, Taïwan, l’Uruguay, Chypre, le Japon, le Sénégal et la Sierra Leone.