Belgique : les policiers ayant effacé des vidéos d’un reportage seront jugés ce jeudi

Ce jeudi 17 décembre aura lieu le procès de deux policiers de Bruxelles, prévenus pour avoir supprimé de façon totalement illégale des données vidéo de journalistes du média indépendant ZIN TV qui avaient filmé une de leurs actions. Le procès débutera donc à 14h au tribunal correctionnel de Bruxelles où les fonctionnaires incriminés devront répondre de leurs actes.

Les faits reprochés à la police ont eu lieu le 15 octobre 2015 au quartier européen à Bruxelles (autour du rond-point Schuman). Les deux fonctionnaires de police avaient saisi la caméra d’une équipe de tournage de ZIN TV et effacé des images sur les cartes mémoires de l’appareil, en octobre 2015, lors d’une manifestation à Bruxelles. Deux reporters de ZIN TV avaient été contraints par la police d’arrêter leur enregistrement, alors qu’ils filmaient des militants se faire arrêter par la police, lors de la manifestation contre les traités de libre échange TTIP et CETA.

Intimidation et demande illégale

Au cours de cette même soirée, mais plus tard, les reporters de ZIN TV avaient à nouveau filmé la police libérant les militants arrêtés et les déposant à proximité de la Porte de Hal à Saint-Gilles. C’est à ce moment que leur caméra a été saisie par deux policiers. Ces derniers ont ensuite effacé toutes les données qui s’y trouvaient, y compris les images récoltées durant le reste de la journée. Les policiers les ont intimidés et leur ont ordonné de supprimer leurs images.

En janvier 2017, le comité P (la police des polices, l’équivalent de l’IGPN en France) avait réagi, affirmant qu’un policier ne peut pas supprimer lui-même ou imposer la suppression des images à la personne les ayant réalisées.

Le même Comité P avait déclaré :“En ce qui concerne la saisie et la suppression des images de la caméra, l’enquête a permis de relever un dysfonctionnement tant organisationnel qu’individuel, qui a mené le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles à diffuser à l’ensemble de son personnel une instruction générale relative à la gestion des personnes privées de liberté. Y figure notamment une fiche précisant qu’un policier ne peut pas supprimer lui-même ou imposer la suppression des images à la personne les ayant réalisées”.

Les journalistes de ZIN TV entendent demander que justice soit faites, non seulement pour eux mais aussi pour contrer les dérives des policiers abusant de leurs statuts pour commettre des actes reconnus comme illégaux. ZIN TV a déclaré au sujet du procès qui a lieu ce jeudi à 14h sur Facebook : “Filmer la police est un droit”.

Un événement de soutien aux journalistes de ZIN TV est prévu ce jeudi dès 12h30 devant les portes du palais de Justice de Bruxelles (place Poelaert).