Après Louvain-la-Neuve, des soignants ont manifesté à Bruxelles contre la délégation des soins

Comme nous en avions parlé ce 11 novembre, une manifestation à Louvain-la-Neuve du même type avait eu lieu et avait réuni une quarantaine de personnes. Aujourd’hui, c’est à Bruxelles que les soignants et soignantes ont appelé à une revalorisation des conditions de travail et salariales du métier d’infirmier/infirmière. Des rassemblements ont eu lieu au Chirec (commune d’Auderghem) et à l’hôpital Erasme (commune d’Anderlecht).

C’est une initiative du syndicat libéral CGSLB, pour ce qui est du Chirec. Des ballons bleus, (couleur du syndicat) ont été lâchés dans le ciel, à Bruxelles. Sur ces ballons il y avait des messages comme “Métier d’infirmier doit être reconnu comme métier lourd”, “Stop à la mise à mort de nos soignants” et “Non à la délégation des actes infirmiers”. Ces revendications ont été lancées à travers la ville à la veille d’une rencontre des partenaires sociaux avec le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke.

A Erasme, c’était la SETCA qui était fortement présente. Mais les revendications étaient strictement les mêmes en ces deux lieux de la santé, dont le personnel vit des heures dures et éprouvantes, encore plus depuis la crise du covid.

Une nouvelle loi qui déplait fortement au secteur des soignants

Cette nouvelle loi, qui doit d’après ses auteurs “venir en aide au personnel infirmier déjà largement impliqué et extrêmement sollicité dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19, en autorisant de manière exceptionnelle que des activités relevant de l’art infirmier puissent, pendant la gestion de cette crise, être exercées par des personnes non légalement qualifiées pour ce faire”, porte ce renfort jusqu’au 1er avril de l’année prochaine.

La délégation d’actes infirmiers constitue “une charge supplémentaire pour l’infirmière, qui a une responsabilité dans sa délégation de soins et qui aura plus de travail parce qu’elle devra soigner ses patients et surveiller les soins qui sont délégués”, remarque Myriam Doeuvre, une infirmière. “C’est dangereux pour le patient, pour l’infirmière, pour la personne à qui l’on délègue…”

Une infirmière avec un message très clair – DR

En plus, la pénurie de main d’oeuvre que cette loi vise à compenser est d’abord due à un manque de considération pour la profession, estime-t-elle. “Le métier d’infirmière requiert quatre années d’études, plus une année pour les spécialisations. Cela fait cinq ans d’études pour un salaire minimum”, pointe la professionnelle. “On avait demandé une revalorisation salariale, qui est toujours dans les fonds de tiroirs. M. Vandenbroucke a fait des propositions. Nous attendons maintenant la signature de ces propositions”.