Bruxelles : elles se plaignent aux policiers de propos sexistes de passants, ils les frappent en retour (VIDEO)

Les faits se sont produits dans la nuit du 15 au 16 août, vers 1 heure du matin, dans la commune de Saint-Giles (Bruxelles, Belgique). Plus précisément à hauteur du parvis de Saint-Gilles, un endroit très animé. Trois femmes étaient en train de boire un verre au café Verschueren, un lieu célèbre du quartier. Un homme, passant par là, se sont mis à leur adresser des remarques sexistes à propos de leurs tenues notamment. Une des femmes (Mandy) lui a alors répondu. Juste à ce moment-là, des policiers en civil passaient en voiture. Ils leur ont intimé l’ordre de mettre leurs masques (alors qu’elles étaient en terrasse). Elles n’ont pas eu le temps de le faire que les policiers ont commencé à frapper et étrangler Mandy puis à accuser de vol, Anna, qui l’accompagnait. Elles ont été emmenées au commissariat.

Les faits ont indigné les internautes lorsqu’Anna Estiévenart a raconté ce qui c’était passé dans la nuit du 15 au 16 août dernier, vers 1 heure du matin. Trois femmes étaient là, buvaient un verre au célèbre café Verschueren (au parvis de Saint-Gilles, à Bruxelles). Il y avait Ina, Mandy et Anna. Cette dernière raconte : “On partait du Verschueren lorsqu’un mec nous a fait des réflexions sur nos tenues, des remarques sexistes… Mandy a donc remis ce mec relou à sa place en lui disant que ce n’était pas correct“. Pas correct, c’est peu dire.

C’est donc ainsi que cela a commencé. Mais malheureusement pour ces dernières, cela ne s’est pas limité à un comportement sexiste, comme il y en a trop souvent. Des violences policières ont suivi. Anna poursuit son explication, qu’elle a publiée ce 16 août sur Facebook, en disant : “A ce moment-là, une voiture de police qui passait par là nous demande de mettre nos masques. Nous leur disons que des mecs nous font chier dans la rue et qu’ils pourraient venir nous aider plutôt que de s’occuper des masques. De là, ils sortent de la voiture (tous habillés en civile), ils disent brièvement au mec d’arrêter puis nous demandent nos cartes d’identité“.

Des coups au visage venus de nulle part

D’après ce qu’en raconte la témoin et victime de violences policières, Anna Estiévenart, Mandy a” à peine le temps de la sortir qu’elle se fait prendre à la gorge et plaquer contre un mur par la policière (La commissaire du commissariat du Parvis Saint-Gilles) qui lui a asséné à plusieurs reprises des coups au visage“.

Ina et moi essayons ensuite de calmer les choses, choquées par la violence de la police envers Mandy mais les policier se montrent tout aussi violent envers nous. Ils nous tirent, nous poussent, ils continuent de tenir Mandy par le cou (qui essaye de se défendre comme elle peut avec 6 flics autour d’elle occupé de la violenter). Elle s’est donc fait prendre le bras et l’épaule pour l’immobiliser et à crié plusieurs fois “j’ai mal !” mais le policier ne la pas lâcher, Mandy a fait un constat de lésion et à ducoup eu une contusion à l’épaule gauche. J’ai ensuite vu un téléphone sur le sol, je l’ai donc ramassé pour ne pas qu’il se fasse écraser par tout le monde et je l’ai tendu en l’air en demandant à qui c’était, quelqu’un l’a ensuite pris de mes mains. C’est à ce moment-là qu’ils ont décidé d’emmener Mandy au commissariat.

“Quand on s’habille comme ça, c’est qu’on cherche”, a dit la commissaire

La victime et témoin raconte ce qui s’est ensuite déroulé : “Au même moment, la commissaire m’accuse d’avoir volé son téléphone, elle commence à m’agripper par les vêtements et décide de m’emmener également au commissariat. Nous avons été retenues pendant plusieurs heures au commissariat où nous avons été interrogées par plusieurs policiers ainsi que la commissaire qui nous a tenu des propos impassables“. D’après elle, la commissaire a dit : “En même, temps avec des tenues comme ça, il ne faut pas s’étonner. Il y a des quartiers on ne peut pas s’habiller comme ça si on ne veut pas se prendre des remarques“. Une phrase choquante pour une représentante de l’ordre et de la sécurité des citoyennes et citoyens.

Photo de Anna Estiévenart.
Un bras cassé, celui de Mandy… du fait de la police de Saint-Gilles (Bruxelles) – Photo Facebook – Anna Estiévenart

La police a cassé le bras de Mandy

Anna poursuit son récit en écrivant : “Alors que nous étions interrogées au commissariat, Ina, qui nous attendait à l’extérieur, était assise pour essayer de se calmer quand tout à coup 3 voitures de police sont arrivées pour la plaquer au sol et menotter. Ils l’ont balancé comme une poubelle dans la voiture pour l’emmener aux casernes d’Anderlecht. Elle a été placé dans une cellule avec des hommes qui se battaient“. Elle ajoute : “Après un moment au commissariat alors qu’elle se tordait de douleur, les policiers l’ont finalement emmenée à l’hôpital. Le diagnostic a révélé que son poignet était cassé ainsi que son coude“.

Elle déclare aussi qu’un policier aurait déclaré au commissariat (peut-être en terminant son service) : “les singes, ça restent en cage, moi, je rentre chez moi“. Elle conclut, choquée d’un tel traitement policier : “Voilà ce qu’on a vécu dans la nuit de samedi à dimanche 16 août 2020 parce qu’un mec nous a agressée dans la rue et nous avons voulu demander de l’aide à la police… Voilà ce qui se passe quand 3 jeunes filles se font agressées en rue, elles demandent de l’aide à la police mais finissent au commissariat et se sont maltraitées et tapées par la police…

Des policiers dans l’illégalité en empêchant de filmer la scène

Des policiers ont commis un acte illégal ce soir-là : celui d’empêcher des passants de filmer ce qui se déroulait. Probablement par peur d’être incriminés pour violences policières par la suite et qu’il y ait des preuves de cela en images, ils ont commencé à se montrer violents et menaçants envers les témoins tout autour qui enregistraient la scène.

Un des policiers est venu, alors qu’il était très loin de la femme qui filmait, pour lui intimer l’ordre de cesser de filmer. Ce qu’elle a contesté. Il a mis sa main sur sa caméra et demandé de partir… alors qu’elle était à au moins 20 mètres de l’intervention et ne gênait en aucune façon l’action (violente au demeurant : un bras cassé !) des policiers.

Un autre policier, à un moment de la soirée, qui était à la sortie du commissariat, s’est permis d’approcher un homme qui filmait la scène (et qui était également filmé) pour tenter de lui donner des coups (dans le vide, car l’homme reculait pour se défendre) et à lui crier dessus, en lui proférant des menaces (voir vidéo). La scène a choqué beaucoup d’internautes.

Tout cela montre l’inquiétude des policiers face aux images, aux caméras, aux preuves de violences policières tout simplement.