Bruxelles : un policier condamné à de la prison pour avoir violenté un réfugié

La décision de la justice est tombée ce 17 juillet. Le policier qui avait frappé un migrant a été condamné pour les violences qu’il avait commises sur un migrant. Le fonctionnaire était poursuivi et suspecté de coups et blessures et de destruction de biens. Résultat : prison avec sursis et amende.

La justice a parlé. Le tribunal correctionnel de Bruxelles a estimé que les violences en cause étaient inacceptables, de même que la tentative de les dissimuler. Les faits se sont déroulés le 21 avril dernier vers 22h15, à proximité d’un hôtel qui a accueilli des migrants durant la période de confinement, place Anneessens, à Bruxelles.

Mehdi Kassou de la plateforme citoyenne s’est exprimé sur le sujet et a estimé que la sanction était une bonne chose : “Le policier B. est condamné. Condamné à 1 an de prison avec sursis et 1600€ d’amende (pendant 3 ans) pour coup et blessure et destruction de bien. Il est également condamné à payer 750€ pour le dommage matériel et moral causé. Avec cette condamnation, l’agent ne pourra plus exercer”.

Le tribunal n’a pas accepté de se limiter à une déclaration de culpabilité non assortie d’une peine à condition que le policier ne commette plus de nouvelles infractions pendant un délai d’épreuve. Il a en effet remarqué, pour motiver sa décision, que le prévenu n’avait pas fait l’objet de sanctions disciplinaires, mais avait déjà reçu par le passé plusieurs rappels à l’ordre.

Le réfugié (A.) reconnu comme victime

A., quant à lui, aura été reconnu comme victime. Victime de violences policières comme le sont 25% des migrants en Belgique selon leur propres témoignages rassemblés dans un rapport de Médecins du Monde Belgique (lien en commentaire).

Ce jugement pourra marquer le coup et être un signal fort contre l’impunité en matière de violence policière. Mehdi Kassou a ajouté : “il rappellera à ceux et celles qui font mal leur travail, salissant le corps de métier et entamant la confiance du citoyen à leur égard, que la justice sera là pour les condamner et que nous serons toujours là pour les dénoncer”.

Les médias francophones étaient absents

C’est une petite victoire qui en amènera très certainement d’autres“, a déclaré Mehdi Kassou de la Plateforme citoyenne d’aide aux réfugiés.

Il s’est toutefois désolé sur sa page Facebook que les médias traditionnels francophones n’étaient pas là pour couvrir cette nouvelle directement sur place : “On notera que la presse francophone belge aura brillé par son absence et n’aura pas trouvé le temps de se déplacer pour le prononcé du jugement alors qu’il s’agit d’un dossier sans précédent, inédit en tous points si ce n’est celui de la violence que subissent chaque jour les personnes migrantes qui traversent ou vivent dans notre pays.” Et il a ajouté : “Cette absence est plus que déplorable”.

*La photo de couverture sert d’illustration et n’est aucunement liée à l’affaire en cours