Bruxelles : une femme aurait été violentée par du personnel de l’hôpital Chirec

Quelque chose semble s’être passé au cours de la nuit du 11 au 12 juillet dernier. Quelque chose de potentiellement violent. En effet, dans une chambre d’hôpital du Centre Hospitalier Chirec de Delta (Bruxelles, Belgique), Laila Affan (62 ans) a été retrouvée couverte d’hématomes sur le corps. Il y en a eu 32 a déclaré la famille. Les images en effet sont interpellantes. La femme était hospitalisée pour un cancer. Une plainte a été déposée par ses enfants et le parquet de Bruxelles a déclaré qu’une “information judiciaire serait ouverte” afin d’en savoir plus. C’est ce qu’a communiqué le porte-parole.

C’est le 29 juin dernier que tout a commencé. Ce jour-là, Laila Affan est admise au Chirec pour un traitement du fait de son cancer. Pendant plusieurs mois, “tout se passait bien“, est-il dit dans la plainte. Néanmoins, le 10 juillet, la femme de 62 ans “était visiblement fortement sous l’influence d’antidouleurs et médicaments“, d’après ses filles, Ikram et Sanae. “Cette médication l’a rendue complètement groggy. Elle ne savait pratiquement pas ouvrir les yeux et était dans un état second. Ma mère ne parlait pas et réagissait peu.

Suite à ce constat troublant sur l’état de sa mère, Sanae rappelle l’hôpital le soir même, vers 22H. Selon ses dires, le personnel lui explique que “sa mère dort”. Trois heures plus tard, à 1h du matin, Sanae est appelée par l’hôpital. “On m’a signalé que ma mère avait fait une chute mais qu’elle allait bien. Visiblement, elle aurait été vue par un médecin“, dit-elle.

C’était le 12 juillet. Vers 13h30, une des filles se rend au Chirec. Sa mère l’accueille “éveillée et terrifiée“. “Elle nous a suppliés de la faire sortir de cet hôpital. Elle était en pleurs. Elle nous a dit qu’elle n’avait pas pris ses médicaments pour rester éveillée. Elle vivait un enfer disait-elle.” Le personnel est alerté. Les bleus sont signalés ainsi qu’un coup à la tête. Les blessures sont constatées. Mais “il n’y a pas eu de constat de lésions écrit“. Comme mentionné dans le p.-v., les proches ne parviennent à obtenir une trace du passage d’un médecin après la chute de sa mère. “Il devait y avoir une note de passage de médecin dans leur système.

Une infirmière du Chirec aurait laissé Laila Affan trainer au sol

Face à la situation, la famille de Laila Affan décide de poursuivre l’hospitalisation vers un autre hôpital. Le dimanche et les procédures sont plus longues. Le transfert ne peut avoir lieu que le lendemain et un membre de la famille reste alors dormir au Chirec. Avant le départ, Sanae réclame une auscultation afin d’acter les hématomes. “L’oncologue refuse“, La tension monte et le personnel de l’hôpital demande à la famille de quitter les lieux, d’après le procès-verbal. La police est intervenue à la demande de la famille. Et le transfert de la sexagénaire a pu se faire, finalement.

La famille a décidé d’aller à l’hôpital Saint-Jean. Là, la mère raconte ce qu’elle aurait subi. “Ma mère avait sonné à de nombreuses reprises la nuit pour avoir de l’aide, pour aller aux toilettes. Mais personne n’est venu. Elle a donc essayé d’y aller toute seule.” C’est alors que se produit la chute. Sa tête cogne une barre de fer verticale. Au sol, elle appelle le personnel soignant. “Ne tenant plus, elle s’est soulagée sur elle. Au bout d’un long moment, une infirmière est arrivée et lui a donné un coup de pied dans le ventre, en lui disant qu’elle allait rester là.” L’infirmière aurait laissé Laila Affan par terre, sans la remettre dans le lit.

Nouvel appel à l’aide et retour de l’infirmière accompagnée d’un collègue. “Ils ont relevé ma mère brusquement. Ma mère a dit à l’infirmier qu’il lui faisait mal. Elle a été replacée dans son lit de force. L’infirmière a commencé à pincer les jambes de ma mère, en lui disant que cela ne lui faisait pas mal.” Des gestes suffisamment violents pour laisser des marques aussi flagrantes ? En tout cas, “ma mère a pleuré car elle se sentait humiliée. Nous sommes convaincus qu’il y a eu autre chose mais ma mère n’a pas encore pu nous tout nous raconter.

Plaintes en série

La famille décide dès lors d’introduire de multiples plaintes : à la police, auprès du SPF Santé publique mais aussi auprès de l’Ordre des médecins. Car la famille n’accuse pas l’hôpital que des faits de maltraitances physiques. Il est aussi question de port-a-cath non remplacés, gorgés de sang “alors qu’ils doivent être sains“.

“Nous voulons comprendre ce qui s’est passé“, a déclaré la famille contactée par la RTBF qui a rapporté cette affaire. “Nous n’en voulons pas à tout le corps médical du Chirec. Loin de là ! Il y a sur place du personnel formidable qui fait un boulot remarquable. Nous en voulons uniquement au personnel qui a fait cela à notre maman et au médecin qui a refusé de l’examiner lors de son transfert. Il faut rappeler que notre maman est rentrée à l’hôpital avec un état d’esprit positif. Et là nous ne le reconnaissons plus. On ne l’avait jamais vu comme cela lorsqu’elle nous a raconté ce qui lui était arrivé.

Suite à la plainte, une enquête a été ouverte en interne conformément à notre procédure“, a déclaré la direction du Chirec à la RTBF.