L’ex-PDG de Proximus s’est “arrangée” avec la justice pour ne pas être condamnée

L’ex-CEO (ou ex-PDG en français) de Proximus a choisi de mettre fin aux poursuites pénales pour délit d’initié qui pesaient sur elle. Comment ? En échange d’un virement de 107.841 euros… le maximum prévu par la loi. Elle a négocié cela avec le parquet de Bruxelles, qui a accepté. Son casier judiciaire restera vierge comme il l’était jusqu’à lors.

Il y a des affaires où la justice est plus vite rendue que d’autres. Ici, la conclusion a été rendue en moins d’un an, ce qui est court. Ce mardi 30 juin au matin, l’ex-CEO de Proximus, Dominique Leroy, a comparu devant la chambre du conseil et a proposé dans ce cadre une transaction pénale négociée au préalable avec le parquet de Bruxelles. Cela concernait son affaire de délit d’initié. Le président, Jean Coumans, n’a cependant pas homologué la transaction, réservant sa décision au 15 juillet.

Dominique Leroy devra s’acquitter de l’amende maximale, d’après ce qui a été communiqué à la presse. Et elle avoisine tout de même les 80.000 euros. L’ex-CEO devra par ailleurs verser le montant de ses avantages patrimoniaux – environ 6.000 euros – multiplié par quatre, et payer l’ensemble des frais de justice. Donc: 107.000 euros au total.

Le porte-parole du parquet de Bruxelles, Denis Goeman “confirme la conclusion d’une transaction pénale après qu’un accord a été trouvé entre Mme Leroy et le parquet. Il a été soumis ce mardi 30 juin à la chambre du conseil pour homologation.” Il l’a fait savoir au journal L’Echo.

Ce mercredi 1er juillet, l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA) a confirmé, effectivement, ces informations. Elle a donné en outre le montant de la transaction de manière plus précise. Il s’agit de 107 841,01 euros.

En 2011, un homme condamné à la prison pour vol de muffins. Une justice de classe ?

Pour les moins riches, il semble que ce ne soit pas le même traitement. Dans la dernière décennie, en 2011 plus exactement, un juge de Termonde a condamné un homme à six mois de prison (avec sursis) parce qu’il avait volé, dans uncontainer à déchets d’un supermarché, des muffins périmés. Depuis plus de dix ans, l’homme faisait les poubelles de supermarchés pour son usage propre, mais aussi pour aider les gens dans le besoin.

Six mois de prison avec sursis pour le vol de muffins qui avaient été jetés à la poubelle, de toute façon. Pour ce Flamand, écumeur de bennes à ordures, la peine avait semblé excessive immédiatement. Cela peut ressembler à de la justice de classe, lorsqu’on voit comment s’est terminée la pousuite judiciaire à l’encontre de l’ex-PDG de Proximus, bien que ce soit neuf ans plus tard.

Lors de la lecture de la condamnation du “voleur de muffins périmés”, des sympathisants et des militants contre le gaspillage de la nourriture étaient présents. “Chaque jour, ce sont des tonnes de produits périmés qui sont jetés par les supermarchés : Yaourts, pommes, melons, champignons, spaghettis, camembert… ” avaient déclaré ces militants anti-gaspillage, à l’époque. Cette pratique de gaspillage se fait de moins en moins bien qu’elle existe toujours.