Le CDJ ne soutient pas Sarah El Ghorfi dans son conflit avec le journaliste Marc Metdepenningen

Un conflit avait opposé le journaliste du journal Le Soir, Marc Metdepenningen, et Sarah El Ghorfi, co-présidente locale de la section du parti ECOLO à Evere et élue conseillère CPAS dans cette même commune. C’était le 7 juin. Cette dernière avait fait savoir qu’elle n’avait pas apprécié les propos du journaliste via Twitter à propos des manifestants Black Lives Matter qui s’étaient réunis le jour-même à Bruxelles. Marc Metdepenningen avait tweeté qu’il s’agissait d’une “manif pour la protection du pangolin et de la chauve-souris” (référence au coronavirus, au vu du monde qui s’était rassemblé).

Elle s’était ensuite plainte contre le journaliste du Soir au Conseil de déontologie journalistique (CDJ) mais aussi contre Dominique Demoulin, journaliste à RTL, qui avait surenchéri le tweet initial.

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Commentaire de Dominique Demoulin, journaliste à RTL, en soutien à Marc Metdepenningen du Soir – Capture d’écran Twitter

Le CDJ ne voit pas de souci déontologique avec Marc Metdepenningen et classe l’affaire

Le 26 juin 2020, Sarah El Ghorfi a reçu une réponse du Conseil de Déontologie Journalistique (CDJ) à son courrier qu’elle avait envoyé le 19 juin. Après avoir reçu confirmation de la bonne réception de son message, il lui est dit : “Vous relevez d’une part que les tweets de ces journalistes sont racistes, identifiant notamment le processus d’animalisation sur lequel ils reposent, et d’autre part les intimidations et propos sexistes tenus par M. Metdepenningen. Vous demandez le retrait du tweet en cause et des excuses de leur auteur (des excuses qui doivent également porter sur les propos tenus par la suite)“. C’est ce que lui répond le CDJ.

La plainte de Sarah El Ghorfi, pour le CDJ, n’est pas recevable et le Conseil en donne la raison : “Toute plainte introduite au CDJ doit également porter sur un contenu d’information et poser une question d’ordre déontologique. Or, après lecture attentive de votre courrier et des contenus contestés, je constate que ces conditions ne sont pas remplies (…)“. Le CDJ dit que les critères de plainte (identité du plaignant, respect d’un délai maximum de deux mois après diffusion, motifs de la plainte, désignation du média visé, copie ou référence des contenus médiatiques en cause) sont respectés ici mais que cela ne suffit pas.

Le CDJ revient sur deux points

D’abord, le tweet relatif à la manifestation (voir ci-dessus). Il déclare à Sarah El Ghorfi, en retour de mail, que “les posts incriminés rendent compte d’une opinion et non d’une information au sens strict. Ils relèvent de la libre expression du journaliste“. Et qu’il s’agit de la “sphère d’expression privée“. Le CDJ ajoute : “le post en cause a pour but de dénoncer, sur le ton de l’absurde, la tenue d’une manifestation que le journaliste estime inappropriée dans le contexte de la crise sanitaire. Pour ce faire, il lance une pseudo invitation à manifester pour défendre les pangolins et les chauve-souris“.

Ensuite, les réactions publiques et privées de Marc Metdepenningen à l’encontre des réponses de Sarah El Ghorfi adressées à ce tweet. Pour celles-ci, il est répondu à Sarah El Ghorfi : “le CDJ n’est pas compétent pour les traiter“. Et d’ajouter : “Pour choquantes et traumatisantes que ces échanges puissent vous paraître, ils ne peuvent donc faire l’objet d’un avis du CDJ. En conséquence, votre plainte est irrecevable sur le plan de la déontologie journalistique“.

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Message de Marc Merdepenningen publier par Sarah El Ghorfi sur Facebook le 11 juin, vers 9h30.
Photo de Sarah El Ghorfi.
Commentaire de soutien à Marc Metdepenningen à l’adresse de Sarah El Ghrofi – capture d’écran Facebook

Je suis au regret de vous annoncer que ma plainte a été refusée sans grande surprise par le CDJ. Rien n’est perdu. J’ai dénoncé un comportement inadmissible qui en dissuadera certains

Publiée par Sarah El Ghorfi sur Dimanche 28 juin 2020

Pour Sarah El Ghorfi, “Ce qui me désole, c’est qu’il n’y a pas un mot de compassion envers les personnes qui se sont senties insultées. Comme si ces personnes n’existent pas.”, déclare Sarah à ODP news. “Leur réponse n’est pas normale. On est face à une défense de classe. Et ce n’est pas juste. Combien d’éléments leur faut-il pour agir”, conclue t’elle.